Bienvenue dans le bar de Galactus : chaque lundi, une nouvelle page est à votre disposition pour discuter cinéma, télévision et comics au sens large, loin des univers Marvel et DC Comics !
Cette semaine, on repousse les frontières de la réalité ! Mercredi, Steven Spielberg abordera très sérieusement la question extraterrestre avec Disclosure Day, un blockbuster de science-fiction dans l’air du temps, puisque le gouvernement américain déclassifie au compte-gouttes photos, vidéos et témoignages sur les OVNIs et les PANs. Le même jour, Quentin Dupieux s’interrogera pas trop sérieusement sur l’hypothèse de la simulation avec Le vertige, comédie animée sous Blender avec un zeste de PlayStation 2. Enfin, pour les fans des suceurs de sang, la saison 3 d’Interview with the Vampire vient de débuter sur AMC. Alors, qu’avez-vous vu/lu/bu ces derniers jours ? A vos claviers et très belle semaine à tous, surtout si vous êtes un alien en visite sur la Terre (sincèrement, bon courage) !
Si vous découvriez que nous ne sommes pas seuls, si quelqu’un vous le montrait, vous le prouvait, cela vous effrayerait-il ? Cet été, la vérité appartient à sept milliards de personnes. Nous approchons du… Jour de la Révélation.






Les vampires ne peuvent avoir le vertige…
Les « SS » attaquent (Spielberg et Soderbergh – « The Christophers »). Ont-ils encore du jus, ou bien ça va aller piano-piano ?..
Sinon on pourra se consoler avec Joe Taslim qui tabasse dans le bien nommé « The Furious »…
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Vu :
— Toujours le ArrowMultiverse :
– Fin de la saison 6 de « Legends of Tomorrow » (encore une conclusion à la bourre, mais au moins on libère enfin Constantine), suite de la 3 de « Titans » (héroïsme sacrément en berne), de la 2 de « Stargirl » (une baston incroyable pour un long suspense de film d’angoisse), suite de la 6 de « Supergirl » (bonnes intentions, pas assez d’énergie), et fin de la série « Lucifer » (réussite de la comédie dramatique, pas plus)…
Analyses complètes et addendums sur les pages consacrées :
lestoilesheroiques.fr/films/dc/legends-of-tomorrow
lestoilesheroiques.fr/films/dc/titans
lestoilesheroiques.fr/films/dc/stargirl
lestoilesheroiques.fr/films/dc/supergirl
lestoilesheroiques.fr/2021/09/le-bar-de-galactus-111-lucifer.html
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– « Chasse gardée » : « Y a les mauvais films de chasseurs : ils voient un sujet, bon ben ils shootent et bof… »
Pour son premier film, le réalisateur Antonin Fourlon nous trousse une comédie archétypale reposant sur le choc des cultures entre citadins et ruraux, tout en l’inscrivant dans l’époque moderne.
Traitant donc de l’exil à la campagne pour fuir une ville trop bruyante et étouffante, de villages requérant au jeunisme (école, Maire) pour échapper à la désertification, et de chasse responsable avec des autochtones agréablement cordiaux, loin d’être des viandards…
A priori tout devrait bien rouler si ce n’est un grain dans le rouage, l’inénarrable Didier Bourdon en chef désigné, variante sobre du sketch des chasseurs avec les Inconnus, et dont le zèle (cachant un mal-être personnel) encourage des conflits que lui-même ne désire pas.
Ce qui fait que les caricatures des parigots et des beaufs sont transcendées grâce à des personnages qui sont bien écrits, qui ont toutes leurs raisons d’agir comme ils font… et génèrent toute drôlerie à réagir par quelques coups tordus (pas trop non plus), et surtout beaucoup de dialogues portés par des acteurs au cordeau…
Que ce soit avec la bonhommie de Hakim Jemili, les trognes de Camille Lou, ou la loufoquerie inquiétante de Julien Pestel (Jean-François Cayrey et Chantal Ladesou sont comme Bourdon, quasi hors-concours)…
Mais aussi avec un rythme qui ne laisse jamais s’endormir les spectateurs (si tout va bien), bien aidé aussi par l’apport technique de Frédéric Forestier à la coréalisation (les animaux en images de synthèse sont plus réussis que dans un « Astérix »), à peine plombé par une musique qui alterne entre le gnangnan habituel et du Alan Silvestri, et quelques actes manqués (zut, pourquoi ne pas avoir joué sur la ressemblance entre Cayrey et Michel Delpech ?)…
Ça ne va pas jusqu’à tomber dans le jeu de massacre jouissif, qui serait incompatible avec un contexte où seul l’ego est l’ennemi… tandis que traditions et modernité sont invitées à se réconcilier et à s’entraider, pour des questions de survie. C’est donc suffisamment marrant, et pas trop inoffensif.
« … et puis y a les bons films de chasseurs : ils voient un sujet, bon ils shootent aussi, mais eux c’est des bons films »
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– Fin la série « L’Été 36»…
Joli visuellement, très générique au niveau du scénario d’où une seule héroïne émerge le plus – elles mettront trop de temps pour avoir toutes des interactions communes, pour en plus créer un faux suspense tardif, au détriment du commissaire finaud-rigolo (FX Demaison) :
Entre une Julie de Bona trop passive, Nolwenn Leroy pas assez glamour, Sofia Essaidi n’arrivant pas assez à porter le côté social et prolétarien…
C’est Constance Gay qui représente l’énergie motrice du récit en enquêtrice trop en avance sur son temps, même si c’est pour nous rejouer sa partition de « Flashback ».
Comme quoi, on reste dans du produit TF1 maison, pas trop engagé, pas trop ambitieux, mais potable.
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Lu :
– Silver Surfer, pas vraiment mort (titre mensonger) mais remplacé. L’intérêt de cette mini-série ?…
– Début du Undead Iron Fist, assez proche du retour du Dr Strange de Jed MacCay…
– Fin de Deadpool/Wolverine, action basique…
Wolverines et Deadpools, Team-Up au profit de Ellie, ayant bien évolué…
– One World under Doom :
On prend des nouvelles des Pouvoirs-en-Place, alors qu’ils ne bousculent en rien l’ordre du monde…
Les Runaways n’ont pas changé d’un pouce, le problème Fatalis en devient complètement accessoire…
Le corps du Rulk en bave, c’est horrible (quoique depuis l’Immortel Hulk, on est habitué)…
Jeu de massacre sur les Superior Avengers…
Fatalis hyper puissant, jusqu’à des niveaux incalculables (tout est fait pour que le prochain film ne lui arrive même à l’orteil)… Et là, c’est le drame – choquant, mais prévisible (on se rappelle de Magnéto avec Kitty Pryde, en pire).
– Fin de Imperial :
Des Gardiens sous préparés…
Un nouveau statu-quo galactique basé sur une série de décisions stratégiques bien tordues, censé relancer les franchises cosmiques comme à l’époque de Annihilation…
– Ultimate Spider-Man mené par les époux Osborn-Stacy…
Ultimate Black Panther et Tornade contre le violent esprit du Vibranium…
Préparation d’un retour au bercail pour Miles Morales…
– Début de :
Star Wars – La Haute République : La peur des Jedi : Missions dans la zone d’occlusion et sur Naboo…
Star Wars : Sorti des ténèbres : Les nouveaux ennemis se dévoilent…
Docteur Aphra : Agente du Chaos : À nouveau seule mais avec une assignation forcée et un petit relooking.
Y a vraiment des gens qui lisent l’intégralité de tes pavés quotidiens ?
Oui ! 🙂
et tu n’as pas mieux à faire de ton temps?
#tristitude
Désolé cher internaute anonyme derrière son écran mais je ne pense pas vous connaitre et donc je n’ai aucun compte à vous rendre sur la gestion de mon temps libre !
@Logan221729
Tu en auras sûrement rien à faire non plus venant d’un autre internaute anonyme devant son écran mais j’ai kiffé ta réponse 😉
Je rectifie: Pavés hebdomadaires.
Et pour répondre à la question: l’intégralité avant oui maintenant je ne lis que les sections qui m’intéressent.
Et dommage de ne pas avoir fait un pavé sur « The Furious » m’aurait intéressé^^
Du coup, merci pour l’info. Je vais de ce pas réserver ma place.
Intégralement, non. Seulement les parties qui m’intéressent.
En voilà un qui a tout compris…
Et les curieux, ceux qui encouragent à avoir de meilleurs scripts au cinéma et à la télé, parce qu’ils auront fait des efforts.
« the Furious » est déjà sorti ?
Depuis aujourd’hui.
N
la suite de « chasse gardée » est déjà sortie et c’est nettement moins bien que le premier
En attendant qu’il soit disponible (pas le cas pour tout le monde) :
https://youtu.be/6_lVwRT6rNI?is=IQE3ioCyNGtnAb5B
Blood of Zeus : j’ai adoré. La série justifie à merveille les motivations de ses antagonistes : la colère d’Héra pour une énième tromperie de Zeus, l’amour pour Hadés et la volonté d’une vie meilleure pour sa famille, l’exaspération de Gaïa, etc…
À tel point que je préférais largement la partie avec les dieux qu’avec le héros principal.
Godzilla planète des monstre vol1 (Netflix) : pourquoi faire un voyage de 22 ans pour après faire une « téléportation » vers la Terre ? Pourquoi ne pas l’avoir fait direct ou genre un aller-retour en téléportation sachant que des milliers d’années se serait écoulé sur Terre ? Et avec confirmation que c’est sans crainte ? J’ai raté un détail.
Ça se regarde mais le perso principal est plat, déconnecté, obsédé à vouloir tuer la bête… loin de l’archetype du héro.
The Elder Scrolls V: Skyrim, un jeu extraordinaire !!! Plus j’y joue et plus je kiffe le jeu ! Je comprend pourquoi il est devenu une référence à l’époque. Je ne suis qu’a 70h de jeu, je le dévore et je sais que je ne suis qu’au début de mon aventure. Le jeu, open-world, n’est pas aussi grand que ceux d’aujourd’hui mais il offre tellement de possibilités, de quêtes, de choix a faire que je pense clairement en avoir pour 150h de plus.
Je commence une quête, puis sur ma route je croise des personnes qui me demande mon aide, et ça débloque 1, 2 ou 3 quêtes supplémentaires.
Je fais une grotte pour les besoins d’une quête, que je termine avec succès, mais au retour, juste avant de soçrtir de la dite grotte, je remarque un petit passage derrière des fougères. Je m’engouffre dedans et me voila parti pour une autre (petite) quête !
Je suis a la recherche d’ingrédients rares, je passe 2 heures a les chercher (on m’en demande 20 !) et au détour d’un chemin et d’un ruisseau, je tombe sur un camp de bandits a nettoyer avec, a ma grande surprise et pour mon plus grand plaisir, leur chef qui porte une armure ultra stylée et plus puissante que celle que j’ai ! Ni une, ni deux, je le tue et je fais un (2ème) détour a BlancheRive pour m’acheter une gemme surpuissante afin d’enchanter ma nouvelle armure et lui mettre des bonus de santé et de vigueur ! Et me voila reparti (comme en 40), frais comme un gardon, comme un sou neuf (comme un million a l’entrée de la bourse), pour finir ma 1ère quête (celle des ingrédients a trouver).
Je viens de me faire accepter a la guilde des voleurs (quelle guilde et quel endroit !!) et me voilà parti pour une mission d’infiltration ou le MOINDRE bruit me fait repérer (pour ceux qui ont fait Skyrim, je suis un guerrier et je n’ai pas développé de compétences dans la furtivité ou dans des pouvoirs qui me rendrait furtif/invisible/etc) … et tout ça sans tuer le moindre ennemi (mea culpa, j’en ai tué 1 … pour ma défense, au moindre « milli »-mouvement, il se lève de sa chaise et « qui est là ?? Montrez vous !! »)
Bref !!
Ce jeu est une merveille, je prend mon pied et ce, 15 ans après la sortie du jeu, signe d’un chef d’oeuvre qui a révolutionné le monde vidéo-ludique ! Je le met même au dessus de The Witcher 3 😀 (monument colossal également du jeu vidéo !!!)
Ayant découvert le jeu à sa sortie c’est un vrai plaisir de lire le kiff d’un nouveau venu sur ce titre. Ca me rappelle ma découverte du jeu et me donne fortement envie d’y replonger.
Merci pour ce partage !
Avec plaisir !
Et meme si graphiquement il vieillit, je trouve que les decors (surtout en exterieur) sont sublimes !!! Se perdre et explorer avec cette musique si sublime de Jeremy Soule, je trouve ça exceptionnel !! Je tombe sur un temple gigantesque, j’entre (je ne sais pas sur quoi je vais tomber) et c’est magnifique, a tomber par terre.
Un put… de vrai régal ! 😀
Et cette musique de l’écran titre !!!! Epique !
Qu’est ce que j’aimerais voir ce jeu en série, il y aurait tellement a faire.
L’un de mes préférés. Je compte pas les rerolls dessus.
Parfois j’y retourne que pour une vingtaine d’heures et je le laisse pendant un an. Mais j’y retourne toujours.
Il est tellement long (il y a tellement a faire et d’endroits intrigants a explorer) que je pense qu’a la fin il me restera encore des quêtes a faire. Je les laisserai en suspend juste pour y revenir le mois suivant en faire qq unes et ainsi de suite 😜
@LTH : Les films de Spielberg, tu es un grand fan ou pas plus que cela ?
J’aime bien, mais j’ai du en voir qu’une petite douzaine, ce qui est relativement peu.
Disclosure Day vu. Du grand SPIELBERG , la caméra est maniée avec une très grande orfèvrerie.
La bande-annonce effectivement ne montre pas les 30 dernières minutes du film, j’étais scotché à mon siège jusqu’à la dernière seconde.
Emily Blunt signe sa meilleure performance à ce jour !
Le travail de caméra est phénoménal effectivement.
Tout l’inverse de Negeil. Disclosure Day est une arnaque. C’est rencontre du 3eme type avec un peu de contact et de First contact. Tout en étant une vaste comédie pleine de stormtrooper d’un faux FBI qui se font avoir 3 fois de suite par la même technique : fuir par derrière parce que personne ne pense à encercler les fugitifs. Ridicule.
Je me suis face palm à chaque fois face à ces troupes d’intervention incapables de comprendre le principe d’encerclement 🤣
De manière générale, les personnages de ce film sont d’immenses bozos.
Ah bah ça fait partie des éléments que j’évoquais dans mon commentaire plus bas qui m’ont un peu sorti de la fiction ^^
On ne peut pas encercler par derrière quand on vient à peine d’arriver par la route.
Et en même temps, aucun des personnages ne sont vraiment des tueurs, sauf un ou deux qui sont prêts à aller plus loin à un moment donné.
On peut attendre 20 secondes que l’encerclement soit terminé avant de lancer l’assaut par contre. C’est même la base en fait. Histoire d’éviter ce qu’il se passe dans le film justement. 😆
Comme ceux qui sont poursuivis sont en état d’alerte constante, dès qu’ils entendent plusieurs autos qui arrivent au loin, par la route, ils savent qu’il faut tout de suite décamper, par derrière, là où il n’y a pas toujours de chemin praticable pour les véhicules classiques.
Toutefois dans le film ils se font bel et bien attraper plusieurs fois, et ne s’en sortent pas seulement parce que Wardex n’est pas une méga organisation (ça empêcherait le Secret d’être totalement cloisonné), et qu’ils se précipitent en bloc par panique, au lieu d’engager quelques traqueurs discrets… mais aussi parce que Daniel a en sa faveur deux McGuffin : la télécommande, et Margaret qui le suit à distance.
Dans la scène improbable où il se faufile jusqu’à la voiture, dans le dos des poursuivants, ça ressemble au point de vue omniscient du cinéaste, lui facilitant ses déplacements à ce moment-là, contre toute logique, pour mieux faire avancer son film… Mais en fin de compte c’est plus un signe que c’est Margaret, manipulant les évènements en sa faveur, symbolisé par la caméra qui le suit puis rentre dans l’auto… par le siège passager – elle en parle même avec son compagnon, elle s’est projeté là bas.
Puis, elle l’aidera plus directement quand elle le fera s’évader.
C’est justement pour ça qu’une équipe compétente, peu importe son envergure, ne se pointera pas immédiatement en bagnoles devant le motel comme des gros bourrins. Elle enverra d’abord des mecs à pieds, silencieux, couvrir l’arrière avant d’arriver en bagnole.
Et de toute façon dans le film les bozos qui sont dans le motel leur laissent largement le temps de faire le tour à pieds après avoir été alertés par les bagnoles (on rappelle que c’est un tout petit motel. Entre les bagnoles et l’arrière du motel il y a 20 secondes de marches énergique, grand max.
Beaucoup aimé Disclosure Day ! Je ne savais pas du tout ce que j’allais voir (ni vu la bande-annonce, ni le synopsis, etc.), juste histoire vaguement SF signée Spielberg.
À la sortie j’étais mitigé, des éléments m’ont sorti de la fiction, un peu décontenancé par d’autres, etc.
Mais c’est un grand et beau film, malgré ses défauts rythmiques et – peut-être – cette forme de naïveté/mièvrerie qui pourrait être clivante parfois.
La mise en scène est exceptionnelle, il y a des séquences folles, la musique de John Williams embellit le tout.
Néanmoins je comprends les critiques négatives, c’est un long-métrage polarisant par plusieurs aspects. Une proposition à voir néanmoins pour ses moments remarquables !
– « Disclosure Day »…
Dissonance years
Il revient. Là où on est censé l’attendre, la SF… pas avec ses films historiques pédago pourtant brillants, mais qui font fuir les plus jeunes ou les nostalgiques, créant ainsi depuis des années une grosse mésentente… Ceux-ci le connaissent-il vraiment ?
Que ce soient les spectateurs historiques ou les modernes ? N’est-ce pas juste qu’une question de réputation trop limitée ?
Est-ce qu’on va se rendre compte que le cinéma de Steven Spielberg est composé de méandres qui font que chaque nouvel opus génère une multitude de chemins, lesquels finissent par mener à plusieurs de ses œuvres précédentes ?
Tels clins d’œil, telles continuations, tels antithèses/miroirs, tout est possible – vous trouverez bien des magazines hors-série où des analystes lieront tous les points entre eux…
Ce « Disclosure Day » n’échappe pas à la règle, s’ingéniant à creuser les mêmes thématiques éternelles de Spielberg, au risque de ne pas être aussi intéressant en étant vu de façon autonome :
L’abîme céleste plus optimiste que l’abîme souterrain (l’océan et ses requins, le sol où se planquent des tripodes ou des fous), bien entendu c’est le Ciel et l’Enfer, c’est toujours basique, dans ce film ça sera d’ailleurs très catholico centré – pour des questions de neutralité ?..
Les salauds qui conspirent (on cache des squales, des aliens, des artefacts divins, des dinos, des documents sensibles)… contre les vertueux naïfs qui veulent faire exploser la Vérité…
Et comme souvent chez Spielberg, une intrigue qu’on prend en cours de route, déjà commencée hors-champ et où on est balancé sans ménagement, sans scènes d’exposition, sans être préparé. Jusqu’à ce que, au sein de l’action ou dans les moments en creux, on commence à nous expliquer peu à peu ce qui se passe…
Faut pas être trop sensible.
Quasiment aucun film hollywoodien ne fait plus ça, et même dans la Phase I du MCU on avait de confortables flashbacks/flashforwards.
Et après les premières secondes, non, ça n’est pas un film de catch (très amusant d’ailleurs), on comprend rapidement qu’on est dans un thriller assez sophistiqué (répartition des individus, cadre dans le cadre qui isole un personnage clé), dans la lignée de Hitchcock et bien sûr de l’ami De Palma… et en même temps, ça va ensuite se recomposer plusieurs fois en d’autres genres de films, dont certains auquel Spielberg a envisagé à un moment ou un autre de se frotter.
La comédie romantique gaguesque par exemple (il avait failli réaliser « Mon beau-père et moi »), avec le couple que forment Josh O’Connor et Eve Hewson, qui se retrouvent très vite à s’opposer, et pas seulement théologiquement…
Et celui de Emily Blunt et Wyatt Russell, qui passe vite par une émancipation commune – plus rigolo avec elle, mélange entre le Roy Neary de « Rencontres du troisième type », une héroïne du « Morning Show », un oracle, Jean Grey (elle finira par porter littéralement son code couleur), et une precog de « Minority Report », dont le film partage la même ambiance parano.
Loin des personnages de femmes-enfants de la filmo de Spielberg (représentants ses sœurs), on a là une femme à l’esprit perturbé, allant alternativement de la légèreté à un esprit ultra intuitif, en passant par des phases de désespoir aigus – ça fait bien sûr penser à sa propre mère, comme il nous l’a révélé précédemment dans « The Fabelmans » (une scène avec des pianos fait même le lien direct)…
Tandis que les personnages de Colin Firth et Colman Domingo ont l’air plus prévisibles quand on connaît la persona des acteurs, mais heureusement qu’ils ont droit à de jolies nuances, d’instants de gravité et autres idées métaphoriques – certes on n’a pas un casting de grandes stars (ici c’est Spielberg la vedette principale), ni de héros iconiques tels que le réalisateur les fantasme, mais des acteurs aussi solides qu’ordinaires, quoique pouvant peiner à créer de l’attachement…
Et comme souvent (« Ready Player One » par exemple), Spielberg ne se projette pas seulement dans le jeune mais fragile idéaliste Daniel Kellner, mais aussi chez ces vieux démiurges : Noah Scanlon, qui contrôle le récit officiel, et peut même diriger à distance des personnages – donc lui-même se projeter… et Hugo Wakefield qui, en marge du récit, fait construire un mystérieux décor, comme si un tournage se préparait… ou bien une opération des agents de « Mission Impossible ».
Deux façons de créer de l’imposture : l’une, oppressive, pour dissimuler les faits véritables, mais qui est une réaction défensive basée sur un traumatisme personnel…
L’autre pour au contraire révéler une expérience réelle, qui était censée être merveilleuse, et qui reste pourtant ambiguë (le détournement de « Blanche-Neige et les 7 nains ») au point d’avoir créé… un traumatisme profond, là aussi.
La manipulation, serait-ce le vrai sujet du film, plutôt que la déclassification de preuves d’une existence extraterrestre, comme le fait justement l’actuel mandat trumpien (en guise de diversion) ? Sûrement, étant donné que les représentations d’aliens qu’on y verra sont très très classiques, et donc décevantes.
Et Spielberg d’aller encore à contre-courant des blockbusters contemporains (alors que ironiquement, c’est son premier film se passant dans notre monde contemporain, depuis sa « Guerre des Mondes » post 11 Septembre) :
En effet « Disclosure Day » se fiche de réinventer les petits gris à grosse tête, les enlèvements d’enfants dans des pavillons américains, les machins volants rectangulaires, les autopsies à la Jacques Pradel… Aucune variations sur le genre, ni même de tentatives pour rationaliser tout ça…
Ce qui compte, ce n’est pas la teneur du sujet, et ce n’est plus sa découverte bienveillante (« Rencontres… », « E.T. ») ni sa confrontation brutale (« La Guerre des Mondes « )… c’est surtout comment on va faire émerger au grand jour cette révélation, la transmettre, limite contaminer l’Humanité avec ça (un clin d’œil aux antivax ?)… et comment on aborde l’impact historique que ça va avoir. Avec les discussions qui vont avec à propos de la responsabilité morale et de la Foi (l’un des derniers intervenants sera montré comme s’il avait des ailes d’anges), finissant ainsi par servir à l’évolution du récit…
Mais c’est avant tout un vrai film de cinéma, les corps ou les méninges tout le temps en mouvement, par quelqu’un qui a justement foi en ce médium autant que dans l’existence d’aliens. Donc, tel « Pentagon Papers », une fiction qui est paradoxalement une réflexion sur la vérité que l’on choisit de vous montrer, mise en scène dans une époque sursaturée d’images, de post-vérités, et où le conspirationnisme est passé des mains des doux-dingues à celles des plus dangereux populistes…
Le seul hic c’est que le rythme de cette longue traque n’est pas toujours à la hauteur de son statut de blockbuster, ni de Spielberg et ses coauteurs habituels (John Williams, Janusz Kamiński, David Koepp).
Pas à cause de ses ralentissements, qui sont des ruptures de ton typiquement spielbergiennes… mais dans les moments d’action, les spectateurs chevronnés pouvant sentir les instants où le réalisateur laisse trop trainer, ne coupe pas au bon moment, explique un peu trop, fait se déplacer les héros avec trop de facilité, laisse des indices trop faciles – peut-être parce qu’il travaille pour une autre génération de spectateurs ? Le fait est que ça n’est plus aussi Pop (corn) qu’au siècle dernier ou même dans « RPO », ni aussi angoissant que dans les opus spielbergiens du deuxième millénaire…
Mais rien de trop déshonorant pour un metteur en scène de bientôt 80 ans, il y a quand-même beaucoup de scènes qui peuvent mettre à l’amende ses collègues (la caméra volante, quelques reflets, les interactions de Blunt en plan-séquence, les scènes de soumissions télépathiques, l’accrochage « Duelien » entre la voiture et le train…).
Enfin, avec son enquête à rebondissements, où le statut des personnages se redéfinit à chaque nouveau chapitre, et où une nouvelle guerre mondiale se profile insidieusement via de petites vignettes, « Disclosure Day » pourrait presque passer pour une variation du comic-book Watchmen.
Avec un monstrueux effet de sidération global en guise de climax, mais en moins cynique (tout est vrai, les journalistes télé y reprennent Enfin le contrôle du narratif, la démocratie est symbolisée par des gens se mettant sérieusement au travail en communiquant à fond), et au choc différent (on pense aux archives sur les charniers humains)…
Une conclusion assez ouverte où, à l’instar de ce début de film abrupt, on vous attrape encore par le col, on impose des images rudes, puis au moment de littéralement passer à la parole, pour savoir « à quelle sauce on va être mangé »… On coupe en plein milieu de l’action… et maintenant, débrouillez-vous tous seuls !..
Peu importe l’optimisme proverbial de son auteur, on peut être sûr qu’une bonne partie du monde ne le partagera pas, qu’il y aura de la détestation dans son récit (hors-champ) et parmi le public (réel).
Mais au sein de son propre film, c’est lui qui décide et personne d’autre.
Qui l’aime le suive…