Bienvenue dans le bar de Galactus : chaque lundi, une nouvelle page est à votre disposition pour discuter cinéma, télévision et comics au sens large, loin des univers Marvel et DC Comics !
Après The Dog Stars, le mois de septembre est décidément placé sous le signe du chien, avec Heart of the Beast ! Pour diriger Brad Pitt et son toutou en pleine nature hostile, nous retrouvons David Ayer, le réalisateur de Suicide Squad. Pour ceux qui préfèrent les drames humains aux drames canins, Robert ‘Batman’ Pattinson et Skyler ‘Jimmy Olsen’ Gisondo chasseront les pédophiles dans Primetime. Enfin, American Horror Story célèbrera sa treizième année en collisionnant les personnages des précédentes saisons. Une sorte d’Avengers de l’horreur, dixit Ryan Murphy. (Avengers : Endgame Encore fera bien sûr l’objet d’un article dédié mercredi.) Alors, qu’avez-vous vu/lu/bu ces derniers jours ? A vos claviers et très belle semaine à tous !
Après un terrible crash d’avion, James Belmont, ancien des forces spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin, depuis toujours à ses côtés. Livrés à eux-mêmes dans une nature aussi magnifique qu’impitoyable, ils devront puiser dans leurs dernières forces pour survivre ensemble. Signé par le réalisateur David Ayer, Heart of the Beast est un thriller d’aventure haletant sur le lien indéfectible qui unit un homme à son fidèle compagnon, face à l’épreuve la plus extrême de leur vie.






J’ai vu le Resident Evil au cinéma, je ne sais pas si c’est une bonne adaptation car je connais mal les jeux vidéo mais c’est un excellent film d’horreur (souvent drôle) !
(Re)vu (dans de bonnes conditions) les aventures d’Antoine Doinel – les cinq films de François Truffaut sur l’insupportable et attachant alter ego de Jean-Pierre Léaud. Nette préférence pour Baisers volés puis probablement L’Amour en fuite.
Côté mangas, je relis péniblement Larme Ultime. Mon moi d’il y a 20 ans en gardait un souvenir globalement positif, aujourd’hui je trouve ça très désagréable : tout le monde est insupportable/imbuvable, le contexte géopolitique inexistant… Bref, je termine (me reste deux tomes) et je mets en vente ^^’
En comics j’ai commencé Dawn of Green Lantern, c’est plutôt chouette pour l’instant (la série HBO m’aura enfin motivé à accélérer les découvertes/lectures héhé).
Je vais louper la ressortie d’Avengers Endgame au cinéma, je compte sur quelqu’un ici pour spoiler les séquences additionnelles 😀
yes Resident Evil très généreux en jump-scares et en humour macabre (j’ai adoré)
Au cœur de la télé, les horreurs…
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Vu et revu :
– Ressortie remasterisée de « Akira »… Ah ça ira, ça ira, ça ira les poings dans la gueule !
En 1988 (une éternité !), Katsuhiro Ōtomo adaptait son propre manga fleuve en ayant une ambition colossale… Qu’il mena à bien, nonobstant une intrigue condensée au max, qui donna lieu à un quasi film à épisodes, et enleva une part de contexte et du temps de caractérisation pour les personnages, avec un final qui n’existait même pas encore dans le feuilleton dessiné originel (merci Jodorowski).
En résulte la première et la meilleure grande œuvre cinématographique Cyberpunk après « Blade Runner », tous formats inclus (donc action réelle ou animée). Dont la puissance visuelle et sonore, le nombre d’idées par scènes, la véhémence révolutionnaire et nihiliste, sont décuplés sur grand écran.
Pas étonnant que ce film soit depuis des années en demande de remake – comme toujours, il s’agit surtout de challenge, pour essayer de réussir à importer cette énergie dans un film live… Mais aussi, au pire, d’y corriger certaines limites (avoir vraiment le temps de raconter l’histoire d’amitié dominant/dominé entre le kéké charismatique Kaneda, et le frustré vénère Tetsuo… ou bien rendre justice à la pauvre Kaori, jeune fille trop soumise et sacrifiée).
Dans l’intervalle la Pop Culture aura complètement intégré « Akira », la marquant irrémédiablement au point de s’infuser dans plein de films en action réelle, des inévitables « Black Rain » et « Terminator 2 », à la référence cool dans « Nope », en passant par le faux remake « Chronicle » et la Tetsuesque « Lucy »…
Quoiqu’il arrive, avec « Akira » on en n’aura jamais assez… rasse Rassera !
Rasserasse Rassera !!
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– Fin de la Saison 4 des « Soprano », peut-être la plus sentimentale jusque là, où Tony semble tout sacrifier à des passions qui se finiront toutes mal. Il n’est pas le seul à se mettre en échec, mais si ça permet d’humaniser encore plus les personnages de la série, même les plus abominables – cette teigne de Ralphie, qui a tenu le coup pendant bien longtemps. Ou le fourbe Johnny « Sack », avec sa femme adorée Ginny…
Bref tout le monde est dans la panade, certains ne le savent pas encore, et tout finit dans le drame et les larmes.
Le début de la fin de (la famille) Soprano.
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– Suite de la trilogie « La Chute de… », Gégé Butler toujours aussi beaufaf décomplexé, la franchise toujours vue comme une simili adaptation de jeu vidéo…
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– « Equalizer 3 »… Équarisseur droit
Antoine Fuqua replonge son fidèle Denzel Washington dans l’univers violent et toqué de Robert McCall, du moins leur vision du personnage tiré de l’ancienne série télé, pour un troisième volet très intéressant dans sa manière de mettre définitivement au rancart son personnage phare… Parce que s’il égaye sa préretraite en jouant les vengeurs des petites gens/écrabouilleur de voyous, comme Charles Bronson et Liam Neeson avant lui, et aussi ses cadets Gerard Butler ou Jason Statham… chez Denzel il y a un petit truc en plus qui donne l’impression qu’on va assister à une leçon administrée par un grand maître…
Pour au final se retrouver à chaque fois avec un ange exterminateur trop expérimenté, donc tellement invincible qu’il n’a même pas besoin de se fouler (il se cache, fait deux-trois mouvement et hélas, ses adversaires sont aussi trop nuls)… mais qui n’est pas bloqué sur un seul registre, pouvant alterner entre une attitude calme et peu prolixe, et une autre où il balance ses bras et donne l’impression de faire un AVC – la maladie du surjeu, intermittente chez un Denzel qui veut maintenant s’amuser comme un Forrest Whitaker (même VF d’ailleurs, Emmanuel Jacomy)…
Il en profite également pour jeter à la poubelle les clichés sur « les gentils qui reprennent leurs activités tranquilles, alors que les méchants vont très certainement contre-attaquer ».
Pas de ça avec lui : s’il daigne se montrer à ses adversaires – en leur révélant ouvertement qu’il les observe – pour ensuite les humilier, pas la peine de perdre du temps pour commencer à les dézinguer… il le fait dans la foulée, dès qu’ils se mettent à faire des menaces en l’air.
Seulement ça se passe dans le dernier tiers du film, puisque McCall va beaucoup se tenir à carreau pendant la majorité de l’histoire, contraint et forcé à la convalescence dans une ville italienne qui se présente ouvertement comme un hameau de paix – très enclavée, mais néanmoins très contemporaine – où il serait prêt à passer ses derniers jours avec les nombreux amis qu’il est en train de se faire, délaissant peu à peu ses tocs envahissants (ils ne sont même plus mis en scène de manière ostentatoire, ça fait du bien)…
Pas non plus de clichés sur « la star américaine qui ne fait aucun effort pour parler la langue locale, pendant que l’intégralité des autochtones parlent facilement anglais », c’est même tout l’inverse qui arrive – Denzel arrive à sortir quelques phrases, et le reste du film pourrait être un vrai Polar italien moderne, pas du tout un actionner ricain en continu, et où Hallelujah ! la VF a résisté à l’envie de tout doubler…
Film policier qui, telle une aventure du Punisher de Garth Ennis, n’attend plus que McCall mette son grain de sel pour résoudre une situation qui d’ordinaire serait quasiment insoluble pour les autorités concernées (un trafic de drogue lié au terrorisme de Daech – on aura même un sacré attentat à la voiture piégée)…
On est surtout dans un film rempli d’idées surprenantes, la meilleure d’entre elle étant une scène westernienne, où un lynchage en place publique fait réagir une population qui en a trop subi. L’ancienne génération dégainant le fusil… et la plus jeune sortant massivement les portables pour dénoncer les agresseurs, comme une myriade de bougies dans la nuit. Fort !
On aura aussi droit à deux massacres :
L’un, introductif, s’étant passé principalement hors-champ (on ne voit que les conséquences, horribles), et à la conclusion si noire que McCall commence à se dégoûter de lui-même, renforçant son envie d’arrêter – la raison de ce massacre, révélée à la toute fin, sera elle-même liée à la notion de retraite Et au jusqu’au-boutisme de McCall…
Et celui conclusif, qui sur-utilise des symboles (vitrail qui pleure du sang, statues qui jugent, procession en parallèle) tout en ayant une hargne sadique (tête qui tombe, longue marche funèbre) – c’est un peu du Ridley Scott, en moins lourd…
D’ailleurs à propos des Scott, le film se réserve aussi une petite gâterie en reformant le duo de « Man on fire » :
Denzel avec Dakota Fanning en adulte passée dans le camp des costards cravate, liée artificiellement aux précédents épisodes, le temps de quelques scènes qui ont surtout une valeur de passage de relais envers une jeune génération, plus idéaliste et moins torturée.
Joliment optimiste ? Ça ne nous est pas égal.
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– Fin de la série « Superman et Lois », à la fois lourde et aérienne, classique et osée, pouvant éventuellement générer des tombereaux de larmes alors que…
C’est la fin de Superman (et Lois), pour de vrai. Comme s’il ne pouvait plus rien avoir après ça, ni rien de mieux, alors que cette série a pourtant évolué en ayant un lore très limité (0 extraterrestres autres que les kryptoniens, 0 Team-ups de super-héros DC).
Et d’une certaine manière, c’est le cas – le Superman suivant, bien garni mais sans autorité, n’a pas réussi à décoller vers les sommets qu’il mérite.
Et surtout, Fin du ArrowMultiverse, un chemin qui était très long pour les fans d’alors (12 ans !), encore plus long pour les adaptations DC sur la chaîne CW (le double !!)…
Pour moi, une année bien soutenue, du 21 Septembre 2025 au 16 Septembre 2026…
Une espèce de Grand Tout cohérent, mais souvent imbitable pour ceux qui ne regardent que la structure scénaristique et les morceaux de bravoure, alors que ce sont les personnages/acteurs qu’il fallait aussi suivre, même quand ils s’efforçaient de bien faire alors qu’ils n’avaient pas toujours de l’or dans les mains.
Analyses complètes sur la page consacrée :
lestoilesheroiques.fr/films/dc/superman/superman-lois
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– « Les Contrebandiers »… Hawke Man
Pour son premier film de cinéma, le réalisateur (télé) Padraic McKinley fait dans le classique rafraîchissant :
Un film d’aventure Rétro, où des gus cabossés par la vie vont apprendre à résister contre la Fatalité, l’Injustice, et essayer de grapilller leur part de bonheur/profit dans une époque où la Grande Dépression a mis KO un paquet de monde…
Même si l’entraide existe encore, telle une denrée rare et encore plus précieuse que le fric.
Tout dans ce film est clair et balisé sur une ligne bien droite (bien que l’intrigue fasse zigzaguer les protagonistes entre la rue, le pénitencier, une forêt étouffante) : les déclassés sont forcément des pauvres poires, qu’ils cognent la mauvaise personne où qu’ils donnent leur confiance à un supposé bon patron… qu’ils soient choisis pour déplacer de l’or en toute illégalité, sans comprendre avant la fin qu’ils puissent être des témoins gênants… et dont la propension à ouvrir leurs gueules les condamne encore plus…
L’histoire est ouvertement très critique envers le Capitalisme (l’un des personnages est socialiste et indien… des Indes, ce qui permettra une blague bien rigolote)…
L’aventure est assez correcte, pour un budget assez serré, même si certaines péripéties du Genre sont traitées de manière absurde (lancer des lingots un par un sur un pont fragile ? oublier de tirer son barda pour éviter d’être emporté par des rondins de bois ?)…
Tous les personnages sont des archétypes, mais ayant l’avantage d’être joués par des acteurs attachants et qui gagnent à être connus (Julia Jones, Austin Amelio)…
Et menés par un Russell Crowe agréablement sobre en ordure mielleuse, et un Ethan Hawke génial en père rigolo, bagnard individualiste, vétéran pas dupe, chef de groupe plus ou moins respecté, mécano de ouf (séquence très cool qui implique son alliance et une voiture qu’il faut débrider en un temps record)…
Un vrai aventurier à l’ancienne, qui sait ce qu’il fait et ne lâche pas l’affaire. Le genre de héros qu’on mériterait d’avoir.
Les contrebandiers bandent toujours…
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Lu :
– Intégrale Flash Gordon 1983 – 85 :
Chasse au magot de Ming pour Flash et la superbe Reine Azura…
Encore le retour d’une Reine, Freia et un dilemme conjugale (ouf, Dale va pouvoir se reposer, pas de drague envers Flash)…
Le jour où la Terre s’arrêta à cause d’un petit ingénieur à lunettes…
Le jour où elle redémarra grâce à un petit Flash (back) télépathe…
Énième voyage temporel et romance forcée pour Flash, ce tombeur malgré lui…
Les Skorpi se la sont joué « Détritus » avec les peuples de Mongo…
– L’épisode spécial Superman vs Wonder Woman, par Gerry Conway et José-louis Garcia-lopez, une aventure Rétro où Diana se montre rebelle et objecteuse de conscience, quitte à réagir trop brusquement…
Et Superman évidemment plus confiant envers son pays, au risque de passer pour un gros naïf.
Rien qui ne puisse empêcher les événements historiques de suivre leur cours (le Projet Manhattan et ses bombes), mais surtout une bonne manière de rappeler que les super-héros et super-vilains ne peuvent infléchir la marche du Monde, même si ça veut dire laisser l’Humanité jouer avec des forces qui les dépassent, même pour le Bien commun et au prix de graves sacrifices.
– Deux épisodes du Superman Chronicles 1989, où le héros arrive à résister à Mongul (et l’humilie au passage), assénant encore et encore sa règle non létale, tout en n’étant même pas costumé en Superman.
Le retour sur Terre se rapproche, mais vite avant que Matrix ne fasse n’importe quoi en se substituant à Clark Kent…
A part si les retours sont vraiment catastrophiques je ne raterai pas ce « Heart of the beast »
Le sujet et l’acteur principal en font un incontournable pour moi
Toujours le nez dans les bouquins. J’alterne DCC tome 7 en anglais au chaud a la maison. Et tome 6 de Primal hunter, quand j’ai besoin d’être d’être concentré, au travail par exemple 🤣.
Côté série. J’arrive pas du tout avec reacher. Je pense pas que je vais aller plus loins que les 3 4 épisodes que j’ai regardé jusqu’à présent.
Je sais pas si j’irai voir ce RE au cinéma, j’attendrai peut être ma sortie VOD. Par contre, ce night call version Pattinson me tente vraiment bien.
Hello
Je suis en train de finir le tome 3 de Primal Hunter, sympa mais vraiment sans aucune profondeur (un combat – une victoire – un autre combat – une nouvelle victoire…) et de temps en temps on nous parle d’un autre personnage en les multipliant, sans réel intérêt pour le moment.
Pour DCC, le tome 6 va suivre après Primal Hunter, c’est plus orginal, on s’attache plus aux personnages, mais là encore les tomes sont de plus en plus longs et toujours plus dans la surenchère !
Ah moi je préfère largement primal hunter que DCC ( et de la pléthore de litrpg que j’ai lu ). Si t’accroches pas, force pas. Mais moi j’adore le côté tunnel et ultra explicatifs de la saga. J’accroche vraiment avec la façon de penser de Jake et a sa relation avec villy. Les combats sont jamais simple. Il frôle plusieurs fois la mort et bien plus encore par la suite.
Pour DCC, j’ai adoré. Mais justement. Je trouve les personnages insupportable pour beaucoup. Et certains sont explicitement chiant et cons juste pour ajouter de la difficulté a l’équipe. Que ce soit donut, Samantha et j’en passe.
J’dis que j’aime moins, mais j’en reste tellement impatient que je suis sur le 7 en anglais malgré tout.
C’est juste que oui, on a compris. Donut aime pas les chiens et les trucs qui chlingue. Et Samantha veut niquer la mère de tout le monde.
Ça m’fait un peu le même effet que the walking dead. Parfois les personnages prennent un direction, puis d’un coup de baguette narratif, l’état d’esprit change. Une évolution cohérente oui. Un ressort scénaristique, je souffle.
J’aime plutôt bien system univers pour rester chez lorestone. Mais c’est beaucoup plus simplet dans l’écriture. Tout va vite. Mais c’est plaisant à lire. Et pour iron prince. J’ai tout simplement pas réussi a lire plus de 50 pages. J’me suis fait chier comme un rat mort. Donc DNF. J’ai même revendu mes 2 tomes 😭
Et sinon. J’en ai lu des tonnes en auto édition. Avec l’abo kindle, j’ai eu plein de saga gratuites que j’ai dévoré. Ça fluctue entre le bon, le sympa et le moins bon. Mais ça a le mérite de développer le genre.
Une interview dans laquelle Mahershala Ali s’exprime sur le projet Blade. Ça fout les boules quand même 😭
https://www.instagram.com/reel/Ddm7wtKOOqw/?stkn=MW84Ym15eHdieWtwaA==
Ce sont des choses qui arrivent, au moins ce film ne s’est pas ajouté à d’autres échecs produits à la même (mauvaise) période.
Et espérons que Mahershala Ali finisse par tourner la page, et cesse de balancer des balles perdues façon Ryan Reynolds – qui a fait pire en cumulant « XM Wolverine », « Green Lantern » et… « Blade : Trinity ».
C’est vrai qu’il joue dans Blade Trinity dis donc, j’avais oublié 😂 C’était encore un parfait inconnu à l’époque.
Il gagnait à être connu en étant plus cool que les films dans lesquels il jouait…
Jusqu’à ce qu’il arrive à un équilibre – bons films, jeu d’acteur adapté – et pouf ! maintenant il est bloqué dans la même routine d’acteur, avec des films eux-mêmes moyens.
– « Heart of the Beast »… Brad Pitt, brave type, bon chien, mauvais karma…
Le réalisateur David Ayer plonge à nouveau dans le monde des vétérans de guerre, pour un Survival loin de ses environnements urbains de prédilection… et dont on pouvait craindre un énième traitement bourrin de sa part, dans son contexte aventureux comme dans tout ce qui touche aux traumas de ses personnages principaux.
Mais le résultat est stupéfiant : le film fait plus que se tenir, et de suivre fidèlement une direction classique à la Jack London… il va aussi la subvertir subtilement, et y faire cohabiter une dimension mythologique et doloriste au milieu d’une ambiance naturaliste très efficace.
Déjà le début laisse un doute sur la finalité de cette histoire (hollywoodienne ou pas ?), laquelle va commencer tranquillement, avec un homme et son berger allemand. Plutôt aisé ce mec, hyper pro – tout le film, ses mains passeront leur temps à faire, préparer, construire, palper, soigner… Pour une ultra randonnée en Alaska, là où aucun homme ne va se promener à moins d’être intoxiqué par la civilisation.
Très bien équipé (son propre avion, un barda complet, assez de confort mais pas trop non plus). Respectueux de la Nature (il traque à la lunette de visée, mais ne tue aucun animal). Extrêmement prévenant envers son chien Odin, qui est encore plus physiquement et mentalement meurtri que lui, nanti d’un stress post-traumatique… pas du tout un super chien multifonctions mais un vrai cador, qu’on veut protéger à tout prix. Car c’est Brad le boss ici, très cool en plus – les moments entre eux où ils improvisent (aisés à repérer) sont irrésistibles.
Tout d’un coup, première scène étonnante, J. K. Simmons déboule de nulle part en vieux barbon/sage, trop bavard, trop poli. Et on pense que si on va se fader des rencontres humaines tout le temps, le concept « Brad avec juste son chien », c’est foutu. Mais…
Dans le lore des films d’aventure, on doit évidemment se méfier d’un intrus en forêt, surtout si c’est un archétype de chercheur d’or (voir encore récemment le film « Les Contrebandiers »). Et puis en y regardant de plus près, ses questions à propos de la vie du sergent-major Belmont, et de celle de son chien entraîné à la guerre… elles sont faussement cordiales, insidieusement accusatrices, peut-être pas si virilistes que ça (« Celui qui lui a fait ça, tu l’as tué hein ? Bien… »).
Il s’en ira comme il est venu, mystérieusement, cette fois filmé à contre-jour sur une barque portant des cornes… Charon le passeur ? Et pourquoi pas aussi le dieu Odin lui-même ? Comme si ça avait été une apparition mythique du Voyageur, avec son grand chapeau et sa barbe fournie, remettant en cause le culte des guerriers nordiques qu’ont certains militaires, et plaçant Belmont sur un chemin de mort…
Car très vite tous les avantages et le petit confort du personnage vont commencer à disparaître, pas juste à cause de la Nature qui lui tombe dessus (un orage arrive ? hop on passe l’avion au-dessus des nuages), ni d’une erreur tactique d’un Belmont pourtant super fort, mais plutôt d’un handicap qu’il ne soupçonnait pas – tout est dans le titre.
À partir de là, l’aventurier Brad devra gérer à la fois sa survie avec les moyens du bord, alors qu’il va peu à peu se dépouiller, se désagréger, tel un mort qui marche à travers les enfers jusqu’à un endroit où enfin se reposer… mais c’est la préservation du magnifique Odin qui reste l’enjeu principal du film, Belmont menant alors une quête pour lui permettre de trouver sa propre Paix. Surtout que David Ayer ne se prive pas de filmer ses gémissements canins, et ses nombreux regards graves, tout ce qu’il faut pour nous tirer quelques larmes…
Trop facile ? Le film retourne ce principe dans une scène avec un ours – elle-même archétypale – où une bataille de regards ne sera pas une question de domination, et nous racontera finalement deux êtres blessés qui décident de ne pas souffrir plus…
Un banal tronc d’arbre entre deux rives ? Des loups écarteleurs ? Encore une fois Belmont assure, pour Odin c’est plus dur (ce n’est pas non plus un boulet), et c’est ensuite son maître qui encaisse le plus. Comme s’il devait être puni pour avoir formé un jeune chiot à être une arme vivante, et ne pas l’avoir suffisamment éloigné de la guerre avant qu’il subisse les pires blessures… et en même temps, le film prend soin de ne pas être un pamphlet anti-guerre, eu égard aux nombres de vies que les chiens soldats ont pu également sauver.
Cet équilibre, presque inexistant dans toute la filmo (vulgos) de David Ayer, on le doit sûrement à Damien Chazelle, ici producteur et connu pour son rapport ambigu avec les mythes américains – même les flashbacks sur le front de guerre, visuellement moches, passent pour une pub ratée pour les recrues de l’Armée US. Pas du tout attractif, mais le film ne fait pas non plus de politique…
Quant à Brad Pitt, déjà atout majeur du « Fury » de Ayer, il est entièrement dans son élément entre son côté baroudeur à la Redford, et son éternelle image de demi-dieu funèbre. Menant son rôle jusqu’à sa conclusion (céleste, toujours mythique), sans tricheries.
Ce qui fait de « Heart of the Beast » non seulement le meilleur film de David Ayer, le plus humble (pas de scènes trop tape-à-l’œil), le plus intimiste, le plus attachant, le plus beau (dans ses sentiments et dans la photographie de Mauro Fiore), et le plus mélancolique. Mais aussi un digne émule de bien d’autres cinéastes américains comme Joe Carnahan (on pense bien sûr au « Territoire des loups »), John McTiernan, Clint Eastwood, Howard Hawks et John Ford… qui ont su parler de leur pays et de la nature des hommes, sans détourner le regard sur leurs limites, ni quand la Mort est au bout du chemin.
Un film fort et bouleversant !
Reflet dans l’œil d’Odin
@ Flo
Je sais qu’on est pas souvent d’accord sur la forme mais ton analyse du film est très intéressante
Tu m’as scotché avec ton interprétation de ce que pourrait représenter le vieil homme croisé en forêt, merci
👍
Je rajoute aussi ça, étant donné que Belmont passe tout le film à voir son bras gauche se désagréger :
https://www.mcreation.fr/sante/cote-gauche-affectif/
Je viens aussi de penser à Týr, dieu nordique de la guerre, mais c’est sa main droite qu’il a sacrifié au loup Fenris, et il a tué le chien Garm…
Peut-être que Belmont devient un version inversée de Týr ?
@flo
Du coup le vieil homme se fait offrir une bière 🍺
Et en reprend une le lendemain en partant
Les deux pièces d’or de charon ?
Très possible, même si ce ne sont pas des blondes.
Mais bières oblige, ça nous ramène encore à Odin, qui aurait volé de l’hydromel aux géants en se présentant sous une autre forme, très diserte et poétique…
De plus il peut lui-même être un dieu de la ruse et de la tromperie, pas juste Loki (ou bien c’est que… les chiens ne font pas les chats).