The Amazing Spider-Man : La Critique du film Marvel événement + VOTRE AVIS !

Je me lance : The Amazing Spiderman est un honnête remake du premier Spiderman de Sam Raimi. Remplacez un Bouffon Vert par un reptile tout aussi vert et vous aurez ainsi une bonne idée de ce qui vous attend dans les salles. Pour résumer, le film est plaisant mais ne vous fera jamais décoller de votre siège (à l’exception d’une scène, j’y reviendrai). Il s’agit bien sûr d’un avis personnel, et certains adoreront peut-être à la folie cette « nouvelle » aventure du Tisseur. Je crois profondément que The Amazing Spiderman restera dans le milieu de tableau des adaptations super-héroïques. Pas mauvais, mais à mille bobines des champions du genre (The Avengers, The Dark Knight, Iron Man, Spiderman 2 pour ne citer qu’eux).

Afin de ne pas trop être méchant et de tempérer cet avis à chaud (même bouillant), je vais commencer par les points positifs. Sans surprise, l’ensemble du casting ressort grandi de ces deux heures quinze de long métrage. Andrew Garfield tout d’abord, qui fait oublier en cinq secondes le Peter Parker approximatif de Tobey Maguire. Cette fois-ci, l’acteur correspond bien à son personnage, dans son comportement adolescent et dans son comportement tout « parkerien ». On sent vraiment qu’il n’a pas besoin de jouer ni de forcer pour adopter une forme de cool attitude propre à Peter. A ce titre, l’identification fonctionne à plein (reboot : 1 / trilogie : 0 !). Garfield a beau avoir bientôt 29 ans, il peut encore se glisser dans la peau – et dans l’état d’esprit –  d’un lycéen, sans trop de difficulté.

Face à lui, la craquante Gwen Stacy fera chavirer plus d’un coeur. Inutile de réexpliquer à quel point Emma Stone est une personnification vivante des cases de comics, tant la comparaison est évidente. Ce qu’on lui demande est « simple » : dans cette histoire en milieu adolescent, elle doit avant tout convaincre dans le duo qu’elle forme avec son camarade masculin. La mission est intégralement remplie. Le couple et l’alchimie obtenue à l’écran donnent un résultat charmant, mais quoi de plus normal puisque les deux acteurs sont aujourd’hui ensemble à la ville ! Là-encore, The Amazing Spiderman enterre la relation lourdingue Peter-MJ qui sonnait fake et toc dans la trilogie. Vive Gwen Stacy donc, mais la réplique où elle déclare avoir 17 ans est de trop (la meilleure blague du film) !

Et le Docteur Connors dans tout ça ? Il se défend bien. Rhys Ifans compose un-méchant-pas-vraiment-méchant-mais-qui-l’est-quand-même. A vrai dire, difficile de trancher, et c’est là toute la qualité de son interprétation. Une ambiguïté bienvenue, qui ne cache pas les grosses réserves qu’il faut émettre concernant le Lézard. C’est l’archétype même du vilain dans l’univers de Spiderman : scientifique, animal monstrueux de préférence, et dont l’esprit est le théâtre d’une lutte de pouvoirs entre ses deux personnalités. Le Lézard est un méchant redondant, vague croisement entre un Norman Osborn pour la couleur et la schizophrénie, et le Docteur Octopus pour le génie et le côté incompris. Sauf que dans un reboot qui propose déjà une relecture des origines d’un personnage connu, ce manque d’originalité fait un peu tâche.

J’en viens justement à l’aspect le plus décevant du film… son manque de surprises. Je ne vois pas en quoi The Amazing Spiderman est un reboot. En tout cas pas dans le sens actuel du terme. Au hasard, les récents Incroyable Hulk et Ghost Rider – L’esprit de vengeance nous ont habitué à une sorte de reboot intelligent. Certes, l’objectif est de changer certains éléments (acteurs, réalisateur, univers), mais tout en en gardant le soucis d’aller de l’avant, en élaborant une intrigue nouvelle. Ici, le spectateur va vite se livrer au jeu des sept différences (d’où mon qualificatif de remake en début de critique) : comparer le traitement de Marc Webb pour telle ou telle scène avec les choix créatifs et de réalisation de Sam Raimi. C’est plutôt marrant au début. Moins après.

Sentant venir le piège, les petits malins du département marketing ont (sur)vendu l’alléchante idée de « L’histoire jamais révélée », dont l’attrait principal est le mystère entourant la disparition de ses parents. Hélas. Ce n’est même pas un spoiler, mais je cache « l’information » pour les âmes les plus sensibles… [ Vous n'en saurez pas plus sur les mystères de la famille Parker que ceux qui ont juste vu la bande annonce !] Je sais, ça fait mal. The Amazing Spiderman se loupe sur le seul tenant scénariste qui pouvait le démarquer un tant soit peu des trois précédents films. Un mélange de fainéantise intellectuelle et une volonté manifeste de diluer la sauce dans les futurs épisodes. L’affaire devient risible – vraiment – quand vient le moment de la scène post-générique (disons plutôt milieu, comme The Avengers)… [qui a déjà été montrée en intégralité dans la bande annonce !] Unique et surtout décevant.

Je n’ai pas encore parlé de l’action. Rien de sensationnel dans l’ensemble, si ce n’est une volonté agréable de donner de la vitesse et de la fluidité dans les combats. La promesse d’un Lézard secondé par d’autres reptiles fait un flop. Il y avait pourtant de quoi faire… Le problème, c’est encore et toujours ce vilain qui ne fonctionne pas visuellement, avec sa tête à 80% humanoïde à défaut d’être reptilienne. Un échec des visuels visuels, qui n’arrivent pas à faire « accepter » le personnage qui est tout simplement trop numérique pour être vrai. A la limite, voir ce bon vieux Tisseur se faire traquer par la police est plus intéressant. Mention spéciale à Denis Leary (le Capitaine Stacy), qui porte à merveille l’uniforme. Bourru, borné, mais avec un coeur qui bat derrière la carapace !

Ceux qui se réjouissaient de voir des scènes en POV (à la première personne, comme dans le teaser du film) n’en n’auront pas pour leur argent, car les quelques passages utilisant ce procédé sont malheureusement trop courts pour se faire un vrai avis sur le potentiel de la chose. Tiens, encore une nouveauté mal/sous-exploitée. On se consolera avec les scènes de voltige qui sont une réussite. Avec cascadeur, sans cascadeur, avec masque, sans masque, il y en a pour tous les goûts. La meilleure scène du film est d’ailleurs l’une d’entre elles : quand Marc Webb capte enfin tout le potentiel super-héroïque de son personnage, quand James Horner réveille enfin sa partition peu inspirée, avec un vrai morceau puissant. Tout arrive, c’est grandiose, c’est beau, c’est iconique !

Parce qu’il est souvent plus facile de pointer du doigt ce qui ne va pas, voici une petite série d’éléments négatifs : la musique donc ; une tendance à l’abus de CGI (animaux numériques notamment, lézards, rats, pigeons et j’en passe) ; l’absence de spider-sense ; une Tante May trop jeune (qui diffère de la représentation classique que l’on s’en fait) ; le concept d’identité secrète qui n’est plus ce qu’il était (gardes ton masque Peter !) ; une facilité scénaristique malvenue (Gwen Stacy fabrique quelque chose… trop facilement). Et à un cheveu, j’ai failli étrangler le scénariste qui était sur le point de réactiver le syndrome MJ/Lana Lang… Nous en reparlerons dans les commentaires pour ceux qui ne captent pas les détails de cette « maladie ». Plus « grave », le comportement de Peter, en particulier au début du film.

Je ne suis pas du tout fan de la caractérisation du personnage à ce moment-là, puisqu’il adopte – pardonnez-moi l’expression -, un comportement de petit c** prétentieux sur les bords. Un manque de simplicité et de bonté qui ne concorde pas avec mon image du héros de Stan Lee. J’imagine que chacun à la sienne ! J’ajoute que l’altruisme et l’aspect héroïque désintéressé est en retrait le reste du temps, puisque Peter n’aide pas les autres mais ne fait que que réparer ses erreurs. Un aspect oublié dommageable si l’on veut cerner avec exhaustivité le personnage.

A la tête de son premier blockbuster, Marc Webb s’en tire avec les honneurs en terme de réalisation. Sa caméra capte les émotions et se pose là où il faut lors de l’action. Mais je dois avouer que j’attendais plus du réalisateur de 500 jours ensemble - que j’avais littéralement adoré -, surtout pour les scènes dramatiques. Le moment charnière dans le récit des origines de Spiderman, la mort de l’Oncle Ben (Martin Sheen) est à mon sens mal géré. Pas ce qui suit après, mais sur le moment. C’est trop rapide, comme s’il fallait vite passer à autre chose. Pour le reste Webb est grandement aidé par ses acteurs, qui sont excellents.

Voici sans plus attendre « le paragraphe du fan ». Comme nous ne sommes pas chez Marvel Studios, il ne fallait pas anticiper une pluie de références cachées. Non, désolé, avoir Norman Osborn à la tête d’Oscorp n’est pas ce qu’on pourrait appeler une surprise ! Nous avons quand même un Stan Lee des grands jours mais d’un autre côté, comme je l’écrivais plus haut, la scène post-générique la plus décevante depuis longtemps. Quelques petites intentions discrètes ne manqueront tout de même pas de vous faire sourire…

Noyé sous ce pavé de d’observations, The Amazing Spiderman pourrait être perçu comme mauvais, ce qu’il n’est pas. Disons que j’ai eu le sentiment d’assister à un spectacle léché, très bien interprété, maîtrisé visuellement mais qui ne m’a pas entraîné comme je l’aurais souhaité. C’est peut-être la loi des films contant les origines qui veut ça, avec des premiers épisodes à l’intrigue convenue. Il y a ce qu’il faut d’action et d’images spectaculaires pour passer un bon moment, mais il manque un petit quelque chose… Une deuxième vision permettra d’y voir plus clair… et The Amazing Spiderman 2 enrichira je l’espère la mythologie du dévoué serviteur de New York !

Pour la petite histoire, l’avant-première au Grand Rex était en VOST 3D (le relief est intéressant, c’est un bonus appréciable), et le film n’a pas été projeté en grand large. De nombreux fans ont déjà donné leur avis sur le forum Spiderman, le débat ne fait donc que commencer ! J’attends donc votre critique dès aujourd’hui pour les plus chanceux ! Et on se retrouve bien évidemment chaque jour pour suivre l’actualité de tous les films super-héroïques, avec ou sans araignée radioactive mutante…

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The Amazing Spiderman sort dans les salles françaises le 4 juillet 2012, avec Andrew Garfield (Peter Parker/Spiderman), Emma Stone (Gwen Stacy), Rhys Ifans (Dr. Curt Connors/le Lézard), Martin Sheen (Oncle Ben), Sally Field (Tante May), Denis Leary (George Stacy), Campbell Scott (Richard Parker), Julianne Nicholson (Mary Parker), Irrfan Khan (Dr. Ratha), Chris Zylka (Flash Thompson) et Miles Elliot (Billy Connors).

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