Le bar de Galactus #364 : L’Odyssée ~ Sam Neill

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Bienvenue dans le bar de Galactus : chaque lundi, une nouvelle page est à votre disposition pour discuter cinéma, télévision et comics au sens large, loin des univers Marvel et DC Comics !

Christopher Nolan, le réalisateur du XXIe siècle, s’attaque à Homère, l’aède du VIIIe siècle av. J.-C. ! L’événement cinématographique de la semaine, du mois, de l’année, c’est bien sûr la sortie de L’Odyssée, une nouvelle adaptation de la mythique épopée grecque, dotée d’un budget colossal (250 millions), d’un parterre de stars américaines et anglaises (Matt Damon, Tom Holland, Anne Hathaway, Robert Pattinson, Lupita Nyong’o, Zendaya) et d’une photographie qui rappelle plus les plages de Dunkerque que le soleil méditerranéen. Alors, qui a déjà réservé sa séance en IMAX ? Qui garde un souvenir nostalgique du Troie de Wolfgang Petersen ? A vos claviers et très belle semaine à tous ! PS : on vient d’apprendre la mort de Sam Neill (Jurassic Park, La leçon de piano). Pour rappel, il est récemment apparu dans l’Univers Cinématographique Marvel. C’était dans Thor : Ragnarok et Thor : Love and Thunder, où il jouait un comédien incarnant Odin. R.I.P.

L’Odyssée est une épopée mythique tournée à travers le monde qui suit le retour d’Ulysse vers Ithaque. Pour la première fois, la saga fondatrice d’Homère est portée sur les écrans de manière spectaculaire avec la toute dernière technologie IMAX.

88 COMMENTAIRES

  1. Pour une fois je vais passer mon tour pour un film de Nolan, il m’intrigue mais je ne le sens pas. J’aurai préféré qu’il reste dans un registre réaliste, et fasse une sorte de suite officieuse du film Troie avec Brad Pitt. Donc pas de CGI ou monstres fantastiques, mais un tas d’épreuves avec des monstres difforme, ou parfois quelques produits hallucinogène. Voir jouer habilement avec l’histoire, pour laisser comprendre que la légende a exagéré avec son aspect fantastique, c’est ce type de trucs que j’aime chez Nolan à la base, qu’il joue avec nous.

  2. Oui enfin l’Odyssée, les trucs temporels, on va peut-être trop en parler (ainsi que du casting). Ça c’est pour les fondus de Science, qui vont peut-être se rendre compte maintenant que Nolan a déjà plein de fois raconté cette histoire dans ses films…
    Mais il faudra penser aussi à se concentrer sur ce que fait Nolan du pouvoir de la Narration. Pas seulement parce qu’on parle là de mythes (comme c’était le cas pour la création de Batman), mais aussi d’un conteur, Ulysse, dont les histoires peuvent être remises en cause aussi bien qu’elles peuvent être crues.
    Et ça on le retrouve dès « Memento », puis dans « Insomnia » et un peu dans l’odysséen « Inception »…
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    Et RIP Sam Neill, acteur qui savait garder une bonne dose de distance et d’intelligence dans son jeu, ce qui fait qu’il était aussi bon dans des rôles de gentils que de méchants.
    🙏
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    Vu et revu :

    – « Double Zéro »…
    Éric et Ramzy dans un espèce de remake du « Drôles d’espions » de John Landis, réalisé par un Gérard Pirès post « Taxi ».
    Un peu moins gogoles qu’à leur habitude, mais non moins catastrophiques, presque efficace dans l’action, marrant dans certains gags (la dent téléphone sur vibreur), pas bien joli visuellement.
    Et étrange quand Édouard Baer joue un vilain machiste au premier degré, et que Éric part dans des actes de violences extrêmes sur les femmes (pas toutes fatales).
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    – « Débarquement immédiat ! »…
    Philippe de Chauveron prend une partie des acteurs du « …bon dieu », et refait « Midnight Run » à sa façon… C’est-à-dire toujours obsédé par le communautarisme en tant qu’élément éternellement problématique et risible.
    Et avec des acteurs qui ne sont pas les moins caricaturaux, beaufs et pénibles.
    Ni les rebondissements à base de quiproquos et de ruses, ni les petits instants de tendresse, ne permettent de rendre le résultat moins laid.
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    – Début de la série « Taboo »…
    Un Tom Hardy encore assez sobre dans un thriller historique un peu lent (au démarrage ?), mais plutôt fascinant…
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    – « La fête est finie »…
    Inspiré de son expérience personnelle, le premier film de la regrettée Marie Garel-Weiss retrace le difficile chemin pour sortir de la drogue, entre centres de réhabilitation et moments où on replonge, avec deux personnages féminins aussi fortes que frondeuses.
    Et où c’est aussi la dépendance à autrui qui peut devenir destructeur, comme le montre le parcours parallèle de Sihem (Zita Hanrot, héroïne tragique) et Céleste (Clémence Boisnard, zebulon toxique)… avec des résultats qui peuvent être surprenants quant à la capacité de résilience de chacune d’entre elles.
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    — Toujours le ArrowMultiverse :

    – Fin de la saison 2 de « Superman et Lois » – puissant, mais c’est le potentiel dramatique qui pèche, surtout du côté des vilains…
    Fin de la saison 8 de « Flash » – musclée, mais un tantinet répétitive…
    Début de la saison 3 de « Stargirl » – une enquête criminelle, qui va peut-être ouvrir vers des pistes encore plus complexes…

    Analyses complètes et addendums sur les pages consacrées :

    lestoilesheroiques.fr/films/dc/superman/superman-lois
    lestoilesheroiques.fr/films/dc/flash
    lestoilesheroiques.fr/films/dc/stargirl
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    – « Inestimable »…
    Éric Fraticelli adapte l’affaire dites du Trésor de Lava (de l’or échoué et piqué à l’État), mais en le situant à notre époque, c’est moins fatigant que de faire de la reconstitution…
    C’est aussi moins compliqué de laisser en roue libre les acteurs locaux corses (amis, famille), et de faire un simple mélange entre « Crésus » et « Les 3 Frères ».
    Heureusement tout glisse toujours sur Didier Bourdon, seul personnage un peu sensé au milieu d’une galerie de fêlés, et Philippe Corti n’est pas trop mal non plus en héritier cossard et vaguement autiste.
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    – « Supergirl » et « Vaiana (2026) »…
    Étonnante concordance entre les deux films, suivants dans les grandes lignes la structure des œuvres d’origine qu’ils adaptent – en plus dans les deux cas, une ado suit une espèce de personnage héroïque désabusé, régulièrement amoindri mais encore capable de grands exploits (par contre, aucune comparaison entre les très maquillés Jason Momoa et Dwayne Johnson).
    Seulement là où le film de « Craigunn » Gillespie veut faire son malin en étant plus trash donc moins beau, moins complet, faisant de l’œil aux Magas (il n’y a plus de méchant masculiniste mais des trafiquants de jeunes filles, il y a un changement dans l’acte final)…
    L’autre ne se croit pas au dessus de l’œuvre de 2016 et ne garde que le meilleur (c’est à dire quasiment tout), et tout ce qui pourrait passer pour une redite sans intérêt donne l’impression d’émerger sous nos yeux pour la première fois. Également il s’en sort mieux que l’autre copié-collé de l’an dernier, « Dragons », parce que les créatures cartoonesques sont mieux gérées, et que en reprenant lui-même son rôle Dwayne Johnson apporte quelque chose d’éminemment personnel (le Maui du film d’animation, c’est aussi son grand-père).

    Analyses respectives sur les pages consacrées :

    lestoilesheroiques.fr/2026/06/supergirl-critique-film.html
    lestoilesheroiques.fr/2026/07/le-bar-de-galactus-363-vaiana-la-legende-du-bout-du-monde-evil-dead-burn-silo.html
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    – Lu :

    – Intégrales Flash Gordon 1977 – 80 :
    Encore une variation de l’Atlantide…
    Une planète interdite et les cadets de l’espace font encore des leurs…
    Les Skorpis font revenir Ming le terrible…
    La Mort elle-même aux trousses de Flash…
    Flash à nouveau asservi, et avec une Reine plus intelligente…
    Fugitif avec belle plante et robot pickpocket…
    Ming amoureux ?!..
    La mort des héros par procuration robotique…
    Le fascinant héritier de Ming…
    Enfant requin contre hommes lézards…

    – Fin de Saga of Swamp Thing par Alan Moore :
    Swampy Rouge : en pleine ambiance SF, on passe d’abord sur Rann, avec Adam Strange et une double histoire de fertilisation…
    Entracte sur Terre avec la triste décomposition d’un père…
    Swampy Gris-Vert : encore une fertilisation, mais d’une planète biomécanique et sans être consentie – un viol donc (c’est du Alan Moore quoi)…
    Swampy Vert : body horror panic sur une planète végétale, et la vie de quelques-uns de ses citoyens qui est bouleversée…
    Swampy Jaune : brisé à cause de New Gods…
    Le retour de la vengeance…
    L’installation du doux foyer, avec une espèce de représentation physique de Alan Moore…
    Horreur et sexe au programme de ce run fascinant, pas toujours adroit mais culte.

    – Fin du Tome 1 de Superman Chronicles 1989 :
    Superman est au plus bas (mais en haut, enfin dans l’espace), et pour Luthor c’est tout le contraire…

    – Suite des Batman Chronicles 1989 :
    Le scénariste du film, Sam Hamm lui-même, fête les 50 ans de Batman avec un gros récit qui, par certains aspects, anticipe la Saga Knightfall.
    La mini-série Catwoman : Her sister’s Keeper, trop rattachée aux segments de Selina dans Batman : Année Un (des dessins entiers sont repris), et peinant à trouver sa propre identité, notamment avec un personnage de sœur (équivalent à la mère de Matt Murdock) dont DC ne saura jamais quoi faire…

    – Début des Omnibus de la série Starman par James Robinson et Tony Harris :
    Comme un parfum indé/européen/années 80 (les dessins un peu flashy de Harris et Wade von Grawbadger), qui explore avec une précision inouïe tout un pan mythologique commençant à l’Age d’Or des comics.
    Et dont on a retrouvé aussi plein de bouts dans la série télé « Stargirl » – d’ailleurs LTH, ces comics (jadis édités par Panini) ne sont dans la liste de comics DC du site, non ?
    Bref, Culte !

  3. Elden Ring (fin confirmé) : Fini le jeu après 160h de jeu pile (et quelques minutes). Je regrette d’avoir choisi la fin avec Ranni mais c’est comme ça… Techniquement il me reste un boss, la fameuse M (chais plus son nom, c’est Miquella c’est l’autre), mais elle est pénible…

    Next game : 007 First Light, à 47€ (une ref à l’Agent 47 ?) dans un Leclerc au lieu de 60€ d’après internet. J’ai pas hésité une seconde ! J’avais bien Hitman, j’ai hâte !

    • Bravo !! Tu fais officiellement parti de la ligue des sans-éclat devenu Lord d’Elden Ring 😀

      Il existe 6 fins donc 4 se ressemblent énormément. Celle de Ranni est l’une des meilleures donc n’ait pas de regrets

      En effet, il te reste LE boss qui cause le plus de cauchemars aux joueurs: Malenia (mais elle a une classe folle !)

        • Il ne s’agit pas d’une ère glacière éternelle, mais de l’âge des étoiles.
          Elle remplace ainsi Marika, devenant une déesse et créée ainsi une nouvelle ère purgeant le monde de ses faces les plus sombres.

          • Ce n’est pas evident tellement l’histoire est vaste et complexe mais aussi cryptique !
            Je t’invite a aller voir les videos de Loudic sur youtube. Il a expliqué tout le lore du jeu, soit des 10 aines d’heures (mais réparties en catégories/histoires) et le gars est passionnant !!
            Mais accroche toi car c’est du GRR Martin donc très alambiqué 😀

  4. Un peu embêté par l’Odyssée, les seules vraies séances adaptées pour le film en IMAX 70MM sont soit à Londres, soit à Montpellier soit à Bruxelles.
    Un peu chère le trajet pour une simple séance de cinéma…

  5. Je ne le sens pas cet Odyssée, le sentiment (accentué par la promo) que l’écart entre la vision de Nolan et l’essence de cette œuvre ne va pas coller. Mais l’événement étant si énorme j’irai le voir au ciné.

        • Merci ! Je ne connaissais pas du tout. Apparemment, il y a eu une suite en 2006, L’apprenti de Merlin, qui semble cependant moins mémorable :p

          Je trouve toujours très drôle de regarder la bande-annonce de vieilles productions de ce genre ; il y a toujours de multiples surprises, au-delà des effets de caméra ou effets spéciaux qui ne résistent pas aux affres du temps. J’ai noté ici :
          – Téléfilm produit par Hallmark, comme les célèbres cartes de voeux 😅
          – Une chaste scène d’ébats dans la cire d’une bougie. On est loin de l’époque Rome/Game of Thrones et autres productions HBO
          – La voix de feu James Earl Jones
          – L’apparition d’Helena Bonham-Carter, de feu Rutger Hauer et de Martin Short (que je n’ai pas du tout reconnu !), et même la tête de Lena Headay (bien que non mentionnée)

          Bref, petit plaisir personnel 😇

          • Le casting de ce tv film fleuve était top.

            Concernant Lena Headay : petit rôle mais déjà celui d’une reine avant 300 et GoT 😉

            Si vous avez quelques heures de libres et de la clémence sur les vieux effets spéciaux, c’est une très belle œuvre sur la légende arthurienne.

  6. RIP Sam Neil 🥹
    Perso, Jurassic Park fut un de mes tous premiers souvenirs de cinéma, donc forcément touché par sa disparition.
    J’en profite pour conseiller aussi dans sa filmographie : Hunt for the Wilderpeople (en vf, À la poursuite de Ricky Baker). Film à la forte connexion néozélandaise, réalisé par Taika Waititi, ce qui explique en partie son apparition en tant qu’Odin !

    • Comment ai-je pu oublier ?! Sam Neil, c’est aussi le film horreur/science-fiction Event Horizon, dont je suis sorti traumatisé ! 😳 Mais que je recommande aussi malgré tout haha

      Edit : Sam Neill, et pas Sam Neil, sorry
      Edit 2 : Quelqu’un sait à tout hasard si sa disparition remet en cause certains tournages en cours dont il faisait partie ?

  7. « Alors, qui a déjà réservé sa séance en IMAX ? Qui garde un souvenir nostalgique du Troie de Wolfgang Petersen ? »
    Moi et moi ^^
    Je reviendrai ici mercredi soir après ma séance pour un avis à chaud sur cette Odyssée qui s’annonce grandiose (j’ai évité la plupart des vidéos et spoilers en plus), tellement hâte !

    J’ai rattrapé un paquet de films, au cinéma ou chez moi.

    Supergirl est aussi moyen que ce qu’il présageait. Je rejoins la critique du Boss en étant un peu plus sévère tout de même… Unpopular Opinion : je n’ai jamais accroché au comic Woman of Tomorrow, sauf dans sa proposition graphique et chromatique, donc tout ce qui n’a pas été repris dans le film, quel dommage. Très surpris par la conclusion relativement différente/éloignée entre les deux supports (encore plus étonné de ne pas trop entendre une communauté habituellement si prompt à être bruyante à ne pas faire un parallèle – légitime – avec Man of Steel qui avait été clivant pour un élément très similaire ; visiblement là ça passe mieux avec Supergirl, bon…).

    J’ai adoré les deux volets de La Bataille de Gaulle, du grand cinéma ! Deux séquences d’action épiques (une par film) et une vulgarisation et fluidité impressionnante, tout en arrivant à être parfois « léger » voire drôle malgré la gravité du sujet. Clairement à soutenir en salle, des fictions françaises de cette envergure, j’en veux davantage !

    Obsession et Backrooms ne méritent pas toute la hype autour d’eux à mon humble avis. Ce sont deux films d’horreur soignés, honorables vu leur budget certes, mais le premier reste affreusement convenu (bien qu’efficace et avec un chouette casting) et le second peut-être trop cryptique (mais efficace également malgré des personnages globalement effacés). Étonnamment, j’ai préféré Le Passager, là aussi dans le registre épouvante/horreur on est sur quelque chose de simple et balisé mais plus effrayant que les deux précédents à mon sens.

    Plutôt charmé par Honey Don’t!, un sous-Tarantino moyen mais emmené par la parfaite Margaret Qualley (ce qui me fait perdre mon objectivité je dois le reconnaître… ^^’).
    La comédie Les K D’or est nulle, vraiment… Très déçu par Ferrari qui fonctionne bien en solo sur le registre de l’humour noir pourtant. Couplé avec l’absurdité de Judor ça avait tout pour me plaire mais c’est complètement l’inverse.

    Côté séries, pas encore commencé la saison 3 de Silo (je vais attendre que tout soit disponible) mais fini la 4 de From, très hâte de la cinquième et dernière (on commence un peu à tourner en rond malgré les grandes qualités du show). J’ai adoré les trois premiers de la saison 3 de House of the Dragon, nettement mieux que l’entièreté de la précédente saison. J’hésite à lire le roman pour savoir la fin et en même temps j’ai envie de me préserver la surprise pour la conclusion dans deux ans… J’ai terminé Arcane (quinze ans après tout le monde), j’ai adoré la première saison mais moins la seconde – mais la direction artistique est l’une des plus jolies et soignées que j’ai jamais vues (avec le film d’animation Belle) ! Enfin, je dois terminer Black Sails (plus qu’une saison et demi), j’ai un peu lâché ces dernières semaines alors que c’est une excellente série haha

    La revue de mangas/comics au prochain Bar, bonne semaine à tous ! 😀

    • « J’ai adoré les trois premiers de la saison 3 de House of the Dragon, nettement mieux que l’entièreté de la précédente saison. J’hésite à lire le roman pour savoir la fin et en même temps j’ai envie de me préserver la surprise pour la conclusion dans deux ans… »

      Dans le bouquin, tout est extrêmement « résumé » (mais magnifiquement fait). Ils étirent en longueur dans la série (saison 2: ouuuuch). Donc quelques part, ce sont 2 récits différents même si c’est moins « bon », certes, dans la série

      • Vu que c’est traité comme des chroniques multipliant les sources, c’était inadaptable en tant que tel dans la série (à moins d’en faire un Rashomon, mais là ils perdaient tout le monde dès la saison 1 XD)
        Je trouve qu’ils s’en sortent pas trop mal dans l’adaptation à 2/3 erreurs près, notamment de trop coller aux persos d’Alicent et sa relation avec Rhanyera, mais bon rajouté du relationnel et de l’humain au récit très froid de base c’était peut être une bonne idée pour s’accrocher aux persos ce qui est impossible dans le livre.

        Je sais que j’avais pas trop aimé lire le livre, le style très documenté et froid m’avait rebuté.

  8. Faudrait me payer pour que j’aille voir cette adaptation honteuse. Comment Nolan aura pu passer d’une reconstruction historique aussi fidèle qu’Oppenheimer pouvait être, à complètement réinterpréter chaque ligne du bouquin. Il n’avait qu’à créer sa propre histoire.

    • L’Odyssée n’est qu’une fiction qui a presque 3000 ans.
      Au même titre que de nombreux média qui adaptent quelque chose en autre chose, il est possible réinterpréter, de proposer une approche différente, de tordre et de s’éloigner du matériel original ?
      On aime tous des films, des séries ou autres qui « réinterprétent » ce dont ils et elles sont adaptés (on peut par exemple chercher dans le registre super-héroïque pour ne pas aller très loin)

      Bref, Nolan n’est tenu en rien de respecter quoi que ce soit, si ce n’est les grandes lignes de l’histoire (et encore).

      En tout cas, je suis pas le premier fan de Nolan. Je n’ai même pas vu Oppenheimer. Mais je vais aller voir L’Odyssée dès demain, car je suis très curieux de voir cette proposition.

      • +1

        (J’allais l’écrire – notamment le côté historique vs. fictif qui est une évidence quand on parle de mythologie grecque et de divinités –, tes mots sont particulièrement justes et bien trouvés ^^)

    • Peut-être que ça la emmerdé d’être aussi coincé et académique sur « Oppenheimer » – à part quand il désape Florence Pugh…
      Mais il est possible que ce film, ça soit juste un le récit d’un mec de notre époque (l’Occident contemporain), qui raconte son histoire en se prenant pour Ulysse racontant sa propre histoire (Nolan avait déjà joué aux poupées gigognes dans « Inception »), en y incluant les gens qu’il connaît et en modifiant ce qu’il veut…
      Pour savoir si c’est si honteux, il faudrait déjà voir le résultat.

    • Un peu fatigué de voir toujours les mêmes acteurs d’une franchise à l’autre + surtout curieux de savoir comment ils vont gérer le passé du personnage (les comics ont beau utiliser un temps glissant, avoir une origin story liée à une période aussi lointaine que la Seconde Guerre mondiale en 2026 devient un sacré casse-tête).

      • sans doute pour cela qu’il est plus aisé de croire à la théorie Mister Sinister, surtout partant du principe qu’il n’aime guère réitérer ce que les autres ont déjà fait avant lui (même si à l’époque des premiers films Xmen, c’était le stagiaire ^^)

      • Un acteur qui a déjà fait ses preuves dans une franchise du même acabit – SF, très BD, Tout Public – aura moins l’air de ne pas être à sa place. Pensez donc à Ezra Miller : beaucoup de drames indés avec des personnages perturbés, et on nous le balance d’un coup en Barry Allen, dont la personnalité n’a rien à voir (alors qu’en parallèle il fait « Les Animaux Fantastiques », mais toujours dans un rôle perturbé).
        Alors que Driver, avec son Kylo Ren, il aurait pu être le nouveau Fatalis après le court passage de RDJ, mais ça aurait été trop évident…
        En Magneto par contre, ça serait pas mal. Et il pourrait très bien jouer la version Ultimate, descendant des victimes de la Shoah et/ou ayant lui-même subit des violences.
        De toute façon, il va falloir se distinguer des deux séries de films Et des séries animées, pour ne pas être redondant.

    • en parlant de rumeurs tout azimut
      « ⚠️ Selon MyTimeToShineHello, Avengers Doomsday rencontre de sérieux problèmes. Tout a commencé par un conflit entre certains acteurs ayant tourné des scènes ensemble — et pas seulement sur fond bleu — qui a failli dégénérer en altercation physique. À présent, alors que le film est en phase de post-production et de montage, des cadres de Disney auraient fait savoir à Kevin Feige que le résultat était « un désastre » et trop complexe ! ⚠️ »

      • C’est une bonne nouvelle que Disney trouve ça trop complexe pour moi…

        On aura peut être pas de la soupe infame pour une fois si il y a pas trop de retouche en post prod.

  9.  »Marche ou crève » (tiré de la nouvelle de Stephen King)

    J’ai passé un très très bon moment cinématographiquement parlant.
    La force de ce film réside dans la cohabitation entre l’horreur (ces executions glacantes) et l’humanité (ces personnages et ce lien qui se tisse entre eux au fur et à mesure).
    Les personnages sont très intéressants et formidablement interprètés. Mention spéciale à David Jonsson qui devient un des mes nouveaux chouchous (après avoir proposé une interprétation très intéressante dans Alien Romulus).
    La musique sert parfaitement le film et le rythme est captivant.
    Francis Lawrence est décidément un réalisateur que j’apprécie.
    C’est un film que j’attendais de voir depuis sa sortie (l’ayant loupé au ciné) et malgré cette attente je l’ai beaucoup apprécié.
    Un film choc et marquant que je recommande. Je ne comprends d’ailleurs pas ses faibles notes (peut-être par rapport à la nouvelle de King, mais je ne l’ai pas lu)
    Un solide 4/5 pour moi.

  10. Je viens de voir L’Odyssée, j’ai écrit ça à chaud : quelques réserves (mineures) mais qui n’entachent pas l’immense fresque épique de Nolan !

    Une épopée intense, très bien rythmée, magnifique interprétée : Matt Damon, Tom Holland et Robert Pattinson sont exceptionnels.

    Certaines séquences sont mémorables et impressionnantes. Difficile d’en parler sans les dévoiler mais entre « les enfers », certains combats (visibles sur les affiches) et des scènes « en mer », on en a pour notre argent (outre l’image, le travail du son est incroyable – voyez-le en IMAX si vous avez cette chance).

    Néanmoins, comme souvent, Nolan livre un récit parfois trop froid et loupe de peu une certaine forme d’émotion. Des séquences d’action sont peu lisibles voire un peu brouillonnes.

    Ça n’enlève rien au plaisir – immense – de vivre cette odyssée époustouflante et surprenante !

    • J’ai été le voir hier et je n’ai qu’une envie c’est de le revoir en vrai IMAX pour contempler la grandeur du film (dommage que c’est trop loin😅), j’ai ressenti le faite de vivre une Odyssée x3000. J’ai été happé par la bande sonore du film si puissante et si douce à la fois du voyage d’Ulysse, il y’a une scène où j’ai cru que que les enceintes allez exploser lol. Nolan livre une fresque épique de 3h sans jamais perdre ou ennuyer, et même si le rythme est son point fort, je n’ai pas vu le temps passez et j’aurais voulu encore plus à la fin, pour un film de 3h c’est fort.
      Quoi qu’en disent les haters, le casting est 5 étoiles, chacun livre une prestation juste de leurs personnages et Matt Damon ainsi qu’Anne Attawhay porte le film avec un charisme qui crèvent l’écran. Si le gens passait moins de temps sur les réseaux et sur les chaînes de télé informative, peut-être que les gens prendrai plus de plaisirs dans leur vie et ne se poserais plus mille et une questions sur pourquoi ont prend lui ou elle pour faire le travail c’est un autre débat, mais je trouve ça dommage de se privé pour des futilités pareil. Mention spéciale à John Leguizamo que j’ai trouvé touchant dans son rôle de loyal serviteur.
      Après sur le côté émotionnelle, c’est peut-être pas aussi tape à l’œil/tire larmes qu’Interstellare mais j’ai trouvé la fin assez émouvante avec…

      SPOILER:

      Le moment où Telemaque se rend compte que le mendiant est Ulysse a cause de la mort du chien, la scène où le mendiant et Pénélope discute ensemble d’Ulysse et de pourquoi il n’est pas revenu et la scène où il se révèle au prétendants grâce a son arc avec le travail sonore qu’il y’a derrière c’est peut-être classique comme ressort scénaristique et de mise en scène mais à mon sens, avec Nolan, ça marche du feu de dieux sans mauvaise blague.
      Ont s’attachent à Ulysse et à son équipage même si ont nous fait aussi comprend que ce ne sont pas des enfants de cœur, ont veut les voir retrouvé leurs familles. J’ai trouvé son film très humain dans le sens positif, bien plus que d’habitude, et nous questionne énormément sur le monde d’aujourd’hui et les croyances.

      FIN SPOILER

      J’ai peut-être trouvé que la séquence avec les « géants » dans la forêt ne marchais pas sur certains plans, c’est assez inégale mais la menace et la tension se fait ressentir. La scène avec le Cyclope j’aurais aimé que ça dure plus longtemps mais vu que c’est une vrai marionnette c’était peut-être dû à certaines contrainte techniques, mais le peu qu’on a marche très bien.

      Je trouve que c’est son meilleur film, il est plus complet dans tout ce qui fait et sort un peu des sentier battu avec les effet spéciaux qui son très bien intégré à son style et à quelques séquences horrifique qui donne envie de le voir faire un film là-dedans.
      On a tellement peu de film aujourd’hui qui nous emmènent à l’aventure dans une fresque épique qui t’en donnent plein la vue avec des plans d’une composition magnifique, qu’il faut savourer la proposition de ce qu’a offert Nolan au grand public.

      Personnellement j’ai adoré et j’espère pouvoir avoir un jour la chance d’allez le voir en IMAX pour prendre une deuxième claque, Nolan offre une leçon de cinéma au films blockbuster qui sortent aujourd’hui.
      C’est mon film de l’année et je pense pas que ça changera d’ici là. Un peu dégoûté car j’aurais voulu que ce soit Disclosure Day mais il faut reconnaître qu’il manque de rythme par rapport à L’odyssée.

  11. Boss, quel est votre pronostic pour le box office final de L’Odyssée ?

    Et allez-vous nous proposer une critique du film ?
    Je sais que cela sort un peu des cadres du site, mais Nolan et L’Odyssée méritent bien une exception si vous appréciez le film.
    Merci,

  12. – « L’Odyssée »…

    L’eau d’ici 🌊

    Ça fait 25 ans que chez Christopher Nolan, tout n’est que retour en arrière, et tout est question de contrôle de la narration (la sienne, mais pas toujours celle de ses personnages).
    Si l’on se disait que, fatalement, il finirait par remonter aux sources Homèriennes, notamment au récit qui travaille le mieux les mythes et la temporalité non linéaire, bref la matrice de Tous les récits et de Tous les films… ça n’aurait rien d’extraordinaire puisque tout à toujours été là, dans sa filmo, pour certains opus encore plus que d’autres (les difficiles retours au foyer de Bruce Wayne, Cobb, Coop, les soldats à Dunkerque…).
    Et même pour l’un d’entre eux qui n’a jamais été fait, et qui aurait peut-être changé le destin du réalisateur.
    Imaginons un seul instant : Et si il avait réalisé le film « Troie », comme ça avait été envisagé au début des années 2000 ? Sa carrière aurait pris un tournant bien moins personnel, encore plus que s’il avait pu mener à bien son autre projet sur Howard Hughes.
    Finalement, Wolfgang Petersen troqua « Superman vs Batman » contre Achille vs Hector, et Nolan échangea la ville de Troie contre celle de Gotham, le milliardaire démiurge fou Hugues contre le plus mesuré Bruce Wayne… et tout finit par suivre un chemin si logique qu’il est impossible dans dévier…

    Comme le chemin de Ulysse, une leçon morale déguisée en grande aventure dangereuse… Mais qui est surtout l’envers de l’Iliade, passant d’un récit terre-à-terre et violent, à une épopée censée progressivement laver l’âme d’un homme en le faisant se confronter directement aux mythes de son peuple…
    De là à se dire que cette adaptation de l’Odyssée est aussi là pour que Nolan se décoince un peu après le très académique « Oppenheimer » (qui citait aussi sa part de mythe grec, c’est-à-dire Prométhée)…
    Certes le défi régulier du cinéaste, c’est trouver à chaque fois de nouvelles façons d’user du format Imax (tout comme James Cameron avec la 3D), repoussant ici les limites en manipulant, dans des terres sauvages et sur des navires chahutés, ce barda bien lourd et bruyant – au temps pour les performances des acteurs, obligés d’être vite efficaces puisque la capacité d’enregistrement des caméras est elle-même limitée à quelques minutes…

    Et si on aurait pu croire que Nolan allait verser dans le récit premier degré et un peu cynique, dont le réalisme deviendrait de la pure rationalisation, comme son collègue bourrin Ridley Scott…
    C’est pas vraiment le cas, ce qui représente l’agréable surprise du film : l’auteur respecte au maximum le parfait déroulé de l’histoire, quitte à ce qu’on puisse s’ennuyer un chouia en sachant à l’avance comment chaque épreuve va se terminer – soit pour avoir déjà lu l’Odyssée (merci l’école), soit parce que cette histoire est intemporelle et fait partie de l’inconscient collectif, soit juste parce que Chris Nolan met bien en place tout le processus qui va nous mener d’un point A à un point B inévitable…
    Mais il se garde aussi une bonne petite part de licence artistique, quitte à créer des anachronismes amusants, des scènes où on passe d’un pur naturalisme (des soldats suivent un mouton dans une forêt) à un film de terreur (l’entrée dans la grotte sombre, la cohabitation forcée avec le Cyclope dévoreur)… et à se faire un peu de pub malicieuse avec son casting, comme toujours bourré de stars et grands comédiens, suppléants aux déluges numériques des blockbusters…

    Ainsi Lupita Nyong’o joue bien Hélène et sa sœur Clytemnestre (version très désabusées), rappelant juste que les Grecs étaient ouverts au monde entier, asiatiques inclus…
    Et Christopher Nolan laissa courir la rumeur de Elliot Page en Achille, ce qui peut passer pour une habile mystification, reposant sur la façon régulière dont l’auteur utilise la persona de ses acteurs : jadis Page a joué Ariane dans « Inception » (déjà du mythe grec), et après sa transition de genre, son visage ressemble plus à… celui de Brad Pitt. C’est-à-dire le Achille que Nolan aurait pu filmer il y a 20 ans – finalement Page joue Sinon, protagoniste crucial à l’épisode du Cheval de Troie (encore une mystification), et qui sera lié à un segment avec Tirésias… personnage justement connu pour changer de genre.
    Mais tout ça, c’est du bonus pour le spectateur qui a envie de se perdre dans les multiples liens que Nolan crée autour de son film. Et ce casting reste d’une grande justesse avec une Anne Hathaway impressionnante en Pénélope (l’une des rares chez le cinéaste à présenter des personnages féminins aussi forts que nuancés)…
    Tom Holland qui a le cœur au bon endroit en jouant le sensible Télémaque, prêt à s’émanciper, comme une continuation de son rôle dans « The Lost City of Z » mais aussi de son Spider-Man, tournant autour de la quête de modèle et du Foyer (la trilogie « Home », et même le 4ème film)…
    Robert Pattinson qui, avec Antinoos, ajoute un nouveau rôle d’orgueilleux pathétique à sa filmographie (à cause de ça, dur de le voir en Batman)…
    John Leguizamo d’emblée attachant en Eumée…
    Himesh Patel en fidèle âme damnée…
    Le Agamemnon de Benny Safdie qui se la joue Dark Vador, etc etc…

    On croirait voir une grande pièce de théâtre (surtout quand on est à Ithaque), au centre de laquelle trône – présent ou non – un acteur qui ne semblait d’emblée pas à sa place pour le rôle de Ulysse. Parce que quand on pense à Matt Damon, ce n’est pas le stratège obsessionnel qu’on a en tête, ce n’est pas l’intense calculateur, la tempête sous le crâne – ça c’est plus Batman, donc Christian Bale, souvenez-vous de leur duo dans « Le Mans 66″…
    L’acteur est plus le symbole d’un américain moyen, un peu borné, malin par accident (Will Hunting), maintenant un peu alourdi avec la maturité… alors, Ulysse ?
    C’est là que le film trouve sa pertinence, en faisant du guerrier l’équivalent d’un conquérant américain qui serait puni de son arrogance, de ses blasphèmes (la loi de Zeus, code moral de l’époque), de la trahison de ses amis et de ses idéaux (aussi humanistes que romantiques), des sacrifices qu’il ne cesse de causer juste pour accéder à la victoire…
    Une réflexion funèbre sur un héros qui n’est rien d’autre qu’un tueur, vétéran dont le chemin de retour devient une torture auto-infligée, aussi bien physique qu’inconsciente (Jason Bourne n’est pas loin, les souvenirs refoulés inclus).
    Ce qui place bien le film dans la continuité de « Oppenheimer » et finit lui aussi par critiquer l’impérialisme US (d’où les accents ricains en VO) et tous les bellicismes, le mal qui est fait aux hommes, aux femmes, aux enfants, même aux chiens – attention aux cynophiles sensibles.
    Et on rajoutera même ici le Masculinisme, avec les grossiers prétendants de Pénélope, lui tournant autour comme des mouches…

    Film qui valide également la théorie sur l’ambiguïté de l’épopée de Ulysse, laquelle n’existe que de son point de vue, dans le récit qu’il en fait à sa geôlière aimante Calypso (Charlize Theron quand-même) – pendant que ceux d’Ithaque racontent un autre récit, mais dont on sait qu’il est faux.
    Comme dans le film « Ulysse » de Mario Camerini (avec Kirk Douglas, Silvana Mangano et Anthony Quinn quand-même), tout n’est peut-être que mensonge et métaphore, la symbolique du conteur, le film dans le film – comme dans plusieurs opus de Nolan…
    Un moyen pour remplacer une réalité bassement horrible par des interventions de créatures fantastiques.
    Et de ce côté là, il y a du bon et du pas trop mal, avec un impressionnant Polyphème semblant sorti d’un film muet expressioniste (joué par Bill « TARS » Irwin), des Lestrygons trop basiques, une Circé adepte du body horror dans une séquence stupéfiante (Samantha Morton, finalement touchante), des morts qui marchent, des Sirènes trop furtives (là c’est plus le travail sur le son qui domine), des Charybde et Scylla surprenants…
    Étonnant de voir que Christopher Nolan soit capable de mettre ça en scène, c’est-à-dire avec obligatoirement des effets numériques…
    Mais ce qui pèche un peu, c’est qu’il n’ait pas toujours d’idées intéressantes pour composer ses scènes ou ses plans (par exemple Pénélope et Antinoos vus à travers le métier à tisser), alors que ceux-ci s’enchaînent assez vite, même si on peut y détecter de réjouissantes références cinématographiques (le cheval de Troie planté dans le sable comme la statue de la liberté dans « La Planète des Singes »), ou de l’auto-citation (la scène dans ledit cheval, identique à celle dans le bateau de « Dunkerque »)…

    Alors la photographie de Hoyte van Hoytema reste très belle, la musique de Ludwig Göransson peut être bouleversante, on a beaucoup d’ampleur et quelques images restent assez longtemps à l’écran pour imprimer la rétine (Imax, vraiment obligatoire ?)… mais tout ça ne peut empêcher une petite mise à distance, toujours inévitable pour le cinéaste chez qui la thématique prend régulièrement le pas sur le spectacle, le drame et l’émotion étant plus fabriqués que naturels (on voit un peu les ficelles), tout ça au détriment de l’excitation.
    Et la durée du film de se justifier surtout par son côté très verbeux – qui n’est pas mauvais du tout… Puis avec un dernier acte sous tension, qui s’étire en longueur et explose dans un gros pugilat, vengeur, un peu couillon, toutefois peu lisible – défaut récurrent de Nolan (se rappeller des bastons de son Batman)… mais qui se justifie ici par la fin du cheminement du protagoniste : hors de question d’être trop virtuose dans l’ultime tuerie, sous peine de glorifier la violence…
    Ce qui serait trop contradictoire alors qu’on aura passé toute l’histoire à vomir la guerre (tous les flashbacks sur la mise à sac de Troie), à révéler peu à peu qui représente la plus grande menace contre la civilisation, à tenter de retrouver une part d’honneur, puis à donner une autre preuve indirecte de la psyché fracassée de Ulysse (la nature possible de Athéna)…
    Pour terminer sur l’enchaînement de plans peut-être le plus diabolique qu’ait créé Christopher Nolan, mêlant un Présent fatal…
    Un Avenir radieux…
    Et un Passé à jamais traumatisé.
    Des trois, choisis ton camp, camarade !

    L’Ode hissée à hauteur d’homme 🐴

    • Belle critique. Intéressante à lire. Tu fais des parallèles qui m’avaient échappé.
      Pour Elliot, comme beaucoup j’étais persuadé que c’était Achille, et dès le début j’me suis dit « bordel Nolan ne respect pas le personnage » (le talon). Et du coup tout prends sens quand le nom du personnage est cité.

      Pour le coup de mon coté je connaissais quasiment rien de L’Odyssée (jamais étudié la mythologie grec à l’école), ça a été une quasi totale découverte, et j’ai adoré. Le casting est impeccable, la photographie, l’ambiance sonore, tout est superbement soigné.
      Du grand et beau cinéma !

    • Je rajouterai qu’après l’avoir vu et en ayant cette critique de l’impérialisme en tête que tu mets bien en avant dans ta critique, le choix d’avoir casté Lupita, une femme noire, pour Hélène et sa sœur est une super idée.
      Elles ne sont vu que comme des trophées, des conquêtes par leur mari, les frères Agamemnon et Menelas. Ça nous renvoie bien à notre propre histoire

  13. SPOILERS L’ODYSSEE.

    vu l’Odyssée ce matin, et la rencontre avec Circé va me donner quelques cauchemars. Par contre, j’ai été comblé par le film. La narration a rarement été un chemin linéaire et clair chez Nolan, et là il est parsemé entre les récits raportés et les souvenirs enfouis. La seule bataille de Troie se voit offerte d’une narration très particulière qui lui permet de sublimer ce que Nolan veut lui faire raconter. Et comme avec Oppenheimer, c’est avec un récit du passé (une épopée fictive, mais qui est un objet du passé d’un point de vue culturel) que Nolan donne au présent un regard tourné vers l’avenir. Ce qui fait d’Ulysse un héros dans son épopée est aussi par nature tout ce que Ulysse ne veut pas être, tout ce qui le retient, tout ce qui fait qu’il ne rentre pas encore chez lui, et la grande ruse qui a fait la légende d’Ulysse y est ici contée comme son péché originel. Au centre du récit: la loi de Zeus, accueille ton prochain comme tu voudrais être accueilli car il pourrait être un Dieu déguisé. Loi que je trouve assez marrante, parce que si on voulait jouer les théoriciens qui poussent les interprétations des films trop loin, alors on pourrait chercher des dieux déguisés dans le film, mais je m’égare. Cette Loi de Zeus y est vu par le sacré, et c’est le bafouement la Loi de Zeus qui est responsable de toutes les chutes dont on témoigne. En entrant dans Troie déguisé en offrande, Ulysse n’a pas bafoué la loi en refusant l’accueil à autrui, mais en insultant l’accueil qui lui est donné. Le sac de Troie, c’est toute l’horreur conséquente à la plus grande idée d’Ulysse.

    Beaucoup de plans du film sont dignes de grands tableaux épiques. D’un point de vue photographique, Ulysse est souvent vu petit dans le décor ou dans les foules, avec une humilité qui va avec le personnage. Les moments de surnaturel épiques sont toujours marquants, avec parfois une saveur de Del Toro. Je crois qu’on attendait tous de voiro comment ces moments allaient être traités par Nolan, qui nous a habitué à tellement de terre à terre. Et l’apparence du Cyclope est monstrueuse, ses cris aussi, le travail sur la façon de mettre son oeil sur son crâne atypique et efficace. Les sirènes sont quasi anecdotiques, mais du coup, reflètent ce qu’elles sont pour les personnages. Pour les avoir vues, il aurait fallu leur succomber. Des sirènes nous n’auront donc plus que ce que Ulysse en rapporte.

    Et en dehors de la Loi de Zeus, un autre point du film, c’est la place du récit. Comme une histoire se raconte et se rapporte. Pourquoi les épopées ne sont pas si simples à écrire, à raconter, à rapporter, pourquoi elles sont souvent orales. Pourquoi l’Histoire se conte plus qu’elle ne se raconte. Il y a beaucoup de choses à dire sur le film, notamment après le dialogue entre Ulysse et Pénélope au moment où il se présente encore en mendiant. Un regard sur le monde, un regard qui accepte les torts qui ont été fait à ce monde, et qui accepte la fin de ce monde, une fin causée ou accélérée par ces torts, mais qui, pour autant, n’est pas pessimiste ou négatif, car il voit un monde après. Un monde plus loin, un monde qui renaît. Un monde qui n’est pas pour soi mais pour la génération suivante, comme Ulysse et Pénélope en exil, laissant le trône d’Ithaque à Télémaque.

    La scène de révélation de Ulysse a un petit relan de Game of Thrones inversé dans sa mise en scène et sa photographie. Le combat final est brouillon, j’ai même un peu ri (Une épée tombe. Antinoos: LES EPEES ! Un bouclier tombe. Antinoos: ET LES BOUCLIERS!! des lances tombent. Antinoos: ET LES LANCES ! Et la tête alouette?) Mais ce qu’il y a d’épique, c’est à quel point Ulysse terrifie les prétendants. Même pas le combat en lui même, juste la terreur qu’il leur inspire avant. Et Antinoos qui est détestable à souhait.

    Perso, j’ai bien aimé. L’Imax fait honneur à la photographie. Le travail sonore est fou. Le regard de Nolan sur le temps et la narration est un travail artistique de haut vol. Un très bon moment de cinéma.

  14. Quelques idées en vrac concernant l’Odysée, avec quelques petits SPOILERS :
    – le travail sonore est à saluer, même si pour ma part, je l’ai trouvée un peu trop présente par moment. Et je peux me tromper mais je n’ai pas l’impression qu’il en ressortira des musiques iconiques comme Hans Zimmer a su le faire sur les précédents films de Nolan. Time will tell 🙂
    – Leguizamo m’a surpris dans ce film. L’acteur que j’attendais le moins probablement. Il a le personnage le plus touchant je trouve.
    – @Elinas8513 : ET LES EPEES ! LES BOUCLIERS ! LES LANCES ! Clairement, ça m’a fait rire aussi 😂 Et aussi quand ils balancent les petits chiots trop mignons par la falaise. WTF !
    – J’ai regardé Troy dans la foulée, et pour moi, la grande différence que je retiens (il y en a donc beaucoup d’autres bien sûr), c’est comment Nolan utilise ce récit épique pour en faire une charge anti-guerre, là où Wolfgang Petersen était dans un récit descriptif qui n’occulte pas le massacre mais n’en fait pas l’essentiel de son film. Le divertissement passe, le propos reste, en quelque sorte.
    – Il y a un passage que je n’ai pas compris : un soldat troyen (de Troy et non de Troyes :p) perce le cheval à plusieurs reprises avec son épée, et blesse même un soldat caché à l’intérieur. Et quand il la retire, il semble bien regarder la lame, qui devrait donc être ensanglantée et lui mettre la puce à l’oreille, non ?
    – Polyphème : j’ai eu l’impression de voir un Picasso prendre vie ! Génial !
    – Ah oui, j’ai aussi beaucoup entendu parler d’anachronismes autour de ce film, mais rien ne m’a choqué. J’ai râté quelque chose ?
    – Dernière chose : les plages islandaises ne m’ont pas choqué. Au contraire. Même si c’est très loin de la mer Méditerranée, elles renforcent l’idée d’un équipage complètement perdu. Pareil avec les côtes toutes irlandaises de Circé.

    • « Il y a un passage que je n’ai pas compris : un soldat troyen (de Troy et non de Troyes :p) perce le cheval à plusieurs reprises avec son épée, et blesse même un soldat caché à l’intérieur. Et quand il la retire, il semble bien regarder la lame, qui devrait donc être ensanglantée et lui mettre la puce à l’oreille, non ? »

      On voit qu’avant que la lame de ressorte, quelqu’un « l’attrape » pour l’essuyé. C’est très rapide et facilement loupable.

    • J’ai lu qu’il y en avait, notamment autour de la conception des armures et des casques, mais les anachronismes sont assumés, et rassemblés derrière le fait que l’Odyssée n’est pas un péplum historique, mais une épopée mythologique. Les épopées étant réécrites et modifiées par la tradition orale, il est normal que des choses évoluent et que des anachronismes apparaissent. La fin du film parle justement du fait que le coeur des histoires est raconté et non écrit, et je pense que c’est là que se trouve la nuance. Une histoire racontée évolue au fur et à mesure qu’elle est contée, là où l’écrit la fige dans le temps.

      Nolan a ceci de particulier dans sa vision de la bataille de Troie qu’il ne se contente pas d’en faire une scène d’action mais de lui donner un sens. C’est plus un sac qu’une bataille, et contrairement à une scène d’action « traditionnelle » qui emporte le spectateur dans l’action en lui donnait presque l’envie d’y participer, le sac de Troie vu par Nolan donne plutôt cette sensation de « je n’ai pas envie d’être là ». C’est une sauvagerie destructrice. Comme il est dit à un moment donné, c’est dix ans de rage qui se déchainent. Ce n’est pas beau à voir, c’est la saleté humaine. C’est le point de rupture avec la Loi de Zeus.

      Edit: et pour les différences de paysages, notamment plages islandaises, je trouve que ça donne la sensation de monde infini à l’Odyssée, à une mer sans fin, avec des terres lointaines, qui rendent tout voyage incroyablement long pour peu qu’on s’égare. C’est un monde fictif empreint de lieux réels, plus qu’une histoire contée sur une géographie réelle. J’ai vu des articles qui parlaient de la difficulté – voire impossibilité – à cartographier l’Odyssée xD

      • Et puis tout bêtement, ils se sont perdus bieeen loin des côtes grecques…
        Parce-que Ulysse voulait surtout les fuir, cqfd.

        Le Nord, pour la pénitence…
        L’Ouest (à la chasse au Soleil), pour la rédemption – ce qui est impossible puisqu’en pourchassant l’astre, ils ne peuvent que revenir à leur point de départ à un moment donné (normalement ils devraient savoir que la Terre est ronde ?).

        Encore une boucle bouclée ? Ou bien s’ils survivent, ils atterriront sur le continent des Natifs, berceau d’un autre futur Empire aux innombrables fautes.
        Quoiqu’il arrive, chez Christopher Nolan on n’arrive jamais à complètement sans sortir.
        Pas pour rien si sa société de production, Syncopy, représente un labyrinthe.

        • A priori, après une recherche rapide, Homère écrit l’Odysée au VIIIe siècle avant JC, donc avant la découverte que la Terre est ronde, qui date plutôt de 2500 ans. A prendre avec des pincettes bien sûr 😉

          Le Nord, pour la pénitence ? Pourquoi ?

          • @Ultrazen

            Les savants grec savaient que la terre était ronde. Ils ont calculé son périmètre. Homère je n’en sais rien (la Grèce classique et archaïque n’ont pas forcément les mêmes connaissances).

          • @Ultrazen
            Parce que admettons qu’il se soit vraiment dirigé vers l’Islande (il aura fallu passer l’Espagne etc), on peut prendre comme un acte de pénitence autant qu’une fuite le fait qu’il se soit dirigé loin de Troie, loin de sa patrie, et loin du soleil…
            Et puis bon, il a de quoi se torturer l’esprit, signe que dieux ou inconscient, son voyage reste une auto punition.
            Seulement il a entraîné ses hommes avec lui, le gros sagouin. Ce qui alourdit encore plus sa punition : il continue à mener à la mort ses compagnons, plus que ceux qu’il rencontre – après la vengeance inutile contre Polyphème, ça sera la loose perpétuelle… tant qu’il ne décidera pas de vraiment tout faire pour rentrer chez lui, avec sa honte en bandoulière.

          • @Weapon X
            Je n’ai pas compris ton post, désolé 🤗 Oui, 2500 ans, ça veut dire que les savants grecs l’ont compris. Mais Homère a écrit son texte avant, puisque c’était il y a 2800 ans 😉

            @Flo Ok, je comprends mieux. C’est une interprétation personnelle donc de ta part. Je pensais que tu faisais référence à une connaissance mythologique associant Nord et pénitence 🙈

          • Oh je dis juste que j’ignore si Homere savait si la Terre était ronde. La plupart des peuples navigateurs en avaient conscience très tôt de par la courbure visible pour les navires à l’horizon.

            Édit : merci LTH pour la belle référence.

      • « Une histoire racontée évolue au fur et à mesure qu’elle est contée, là où l’écrit la fige dans le temps. »
        Je suis bien d’accord

        « Nolan a ceci de particulier dans sa vision de la bataille de Troie qu’il ne se contente pas d’en faire une scène d’action mais de lui donner un sens. »
        Exactement, c’est justement toute l’essence de cette adaptation je trouve ☺️

        Il faut dire aussi que les plages islandaises se prêtent bien au décor d’un entre-deux mondes avec les enfers. Clairement, là encore, la réalité géographique n’est pas du tout le critère principal.

        • Après, je pense que la réalité géographique ou non de l’Odyssée rejoint un peu la même question de savoir si les Dieux sont bel et bien présents ou non dans l’Odyssée racontée par Homère et a fortiori dans l’Odyssée racontée par Nolan. Athéna pourrait très bien etre une hallu de Ulysse autant qu’une apparition divine. Je pense que ça reste volontairement libre à interprétation, et que c’est même une composante essentielle à ce qui fait un mythe.

  15. Je vais pas me faire des amis je pense mais après avoir vu l’odyssée, donnez un bout de terre du milieu à Nolan. Donnez lui un récit à adapter. Je l’imagine tellement pouvoir retranscrire la beauté et poésie de ce monde mais aussi la grandeur de ses créatures et ses contes.
    Un beren et Luthien par Nolan je prend !

  16. J’ai revu Troie et c’était encore meilleur. Qui peut atteindre la classe et le charisme de Peter O’Toole et de Brad Pitt à son prime? Même SuperCavill ne lui arrive pas à la cheville et pourtant.
    Sinon y’a Elliot 🤣🤣🤣, Achille qui ne l’est plus parce que trop de shitstorm alors on sort du chapeau un personnage complètement réinventé de toutes pièces pour jouer un soldat d’élite grec.
    Que j’aurais aimé voir la suite de Troie avec l’immense Sean Bean.

  17. Vu en VO mercredi soir, je ne savais pas quoi en penser.
    Revu en VF hier soir (excellente VF), et j’ai définitivement aimé.

    Matt Damon, quel patron. Les gens ne se rendent pas compte de la justesse de son jeu.
    Il est tout aussi talentueux que DiCaprio ou Bale, mais ça se voit moins parce qu’il ne passe pas son temps à crier, pleurer, danser ou à perdre et reprendre 40 kg pour un rôle.
    Dans Le Mans 66, il était impeccable face à Bale. Et, au fond, il l’a toujours été.

    • La maturité lui va bien.
      À ce propos, on peut conseiller de le voir dans « Stillwater », qui a d’ailleurs quelques tous petits points communs avec « L’Odyssée »…

  18. https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Quelles-sont-les-principales-differences-entre-LOdyssee-de-Christopher-Nolan-et-celle-dHomere-

    Ben oui, un peu de licence artistique quand-même, parce qu’un film ne fonctionne pas comme une œuvre écrite ou rapportée oralement…

    https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Qui-joue-qui-dans-LOdyssee–Le-guide-du-casting-all-stars-de-Christopher-Nolanˆ

    Eh oui, Page jouait Sinon depuis le début. Nolan a trollé les trolls en avance.
    Par contre il a bien rationalisé Athéna, même si un peu d’ambiguïté demeure – quant à Hélène et Clytemnestre, c’est juste une variation tout à fait plausible…

    https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Avec-LOdyssee-Nolan-a-t-il-enfin-regle-son-probleme-avec-les-femmes-

    Tout intello qu’il est, ça reste un cinéaste de bonshommes.

  19. https://www.premiere.fr/Series/News-Series/Le-heros-de-God-of-War-se-blesse-Prime-Video-doit-remplacer-son-Kratos

    That hur(s)t !
    Au pire, il pourra toujours reprendre le rôle de Thor plus tard, mais ça serait un tantinet humiliant…

  20. Ce n’est pas un mystère ni quelque chose de timide, et surtout grâce à l’appui de revisionnages & analyses, il faut reconnaître une bonne fois pour toute que Nolan est un réalisateur réactionnaire, souvent misogyne et/ou masculiniste (bref, qu’il a une vision très patriarcale de la société), et parfois même fasciste (The Dark Knight, même s’il est très bon, c’est un fait).

    Tout ses films ne tournent qu’autour d’hommes d’armes, souvent policier, militaire ou soldat, toujours glorifiés et défendus. Hommes d’état autoritaire, où l’ordre et la justice sont les principaux thèmes de ses personnages, et son rapport au Temps n’est qu’un outil pour vouloir inscrire cette vision, très réactionnaire, dans toute l’Histoire (passée et future). L’Homme est ainsi le patriarche de la famille, seul décisionnaire, protégeant femmes & enfants. Les femmes ne sont toujours relégué qu’à la personne en détresse, la femme au foyer (ici littéralement) ou à protéger, à l’amoureuse ou la tentatrice (ou même encore nouveauté ici… à la sorcière (sic)). Elles ne sont jamais des personnages à part entière, juste des sous-êtres servant d’outils au développement de l’Homme, dans une vision ô combien arriérée.
    Vous en doutez ? Ecoutez juste la dernière interview de Nolan, où il fait le fier à n’avoir pas de téléphone, reléguant donc toutes ses interactions professionnelles à sa femme qui doit servir de secrétaire. Quel homme ! 🙄
    Et de l’autre côté, dès que des personnages ont des idéaux révolutionnaires et/ou souhaitent renverser l’ordre établi, ils sont systématiquement dépeint en vilains.
    La blague finale est je pense bien sûr le fait que le film est actuellement hyper malmené par les racistes et transphobes aveuglés par leur haine… Alors qu’ils sont bien les premiers à être les soldats de l’idéologie réactionnaire, patriarcale, et fasciste.

    Et donc que se passe-t-il quand il s’attaque à la seconde épopée la plus célèbre au monde, épopée mythologique d’un passé idéalisé (toujours pas réactionnaire le bougre?) ?

    Malgré le fait qu’il atteint l’épitome de sa vision suscitée, c’est pourtant raté. Nolent propose un voyage insipide de 3h, où ennui et fadeur sont maîtres mots. Le casting est tellement gigantesque qu’aucun n’a le temps de briller. Les récits s’enchaînent banalement & abruptement sans quelconque lyrisme (une honte pour un récit sous forme de poème à l’origine), mal aidé par un montage par moment fastidieux. La mise en scène est minutieuse, et pourtant l’action est brouillonne et assourdissante, les décors se brisent tel du carton-pâte, et la Grèce Antique apparaît comme un enchaînement de plaines fades et architecture cubique sans relief, n’ayant rien de spectaculaire ou singulier, ce que veut pourtant être le poème d’Homère.

    Que reste-t-il ? Certainement pas la bande son, vu qu’elle est inexistante (seul reste un tambour de basses périodique insipide et hautement fatigant). Peut-être le dernier acte du film, où Nolent revient à un dénouement dans la ligne de ce qu’il savait faire : une action spectaculaire et blockbuster-esque (John Wick à l’Antiquité sans la techno rythmée !) qui n’a rien de très profond.

    Alors oui le film marchera (preuve que les idées réactionnaires ont encore de beaux jours devant elles, où les gens consomment sans se poser plus de questions), mais il serait grand temps que l’Humanité réalise que Nolent est au mieux une farce, au pire un dangereux fasciste qui met en danger l’innovation et la création artistique et engagé au Cinéma. Et que sous couvert de sa bonne culture et ses bonnes manières, ce n’est PAS un auteur.

    • Sauf qu’il voit ces hommes s’auto-saboter ou être critiqués, dans quasi tous ces films – Batman n’utilise-t-il pas un dispositif de surveillance qu’il fait d’autodétruire sous la responsabilité d’un autre ?
      Et on ne peut pas faire plus mascus que les prétendants de Pénélope, qui se font tous démonter la tête – le mal qu’on y fait aux femmes est toujours vengé, hélas rarement par elles (du progrès à faire de ce côté là, heureusement qu’il y a Anne Hathaway).
      Il serait grand temps de mieux regarder ces films et de comprendre sa vision d’auteur, remplie de travail sur la temporalité, la peur de la perte du foyer (famille et Monde), de mouvements opposés, et dont le patriarcat n’est composé que d’hommes aux pieds d’argile.

      • « Sauf qu’il voit ces hommes s’auto-saboter ou être critiqués, dans quasi tous ces films »

        Parce qu’ultimement, la volonté est de voir des hommes préserver le statuquo, très bien installé dans le système en place (Batman fait supprimer son système par bonne conscience morale… Mais n’a eu aucun problème à l’utiliser pourtant ! Presque la même rhétorique qu’utilise aujourd’hui les sionistes pour justifier le génocide à Gaza), où toute remise en question est utilisé pour over-complexifier le récit (spécificité récurrente de Nolan, où tout est souvent inutilement réarranger quand ça n’a pas lieu d’être), afin de prétendre à une hauteur intellectuelle factice.

        « Et on ne peut pas faire plus mascus que les prétendants de Pénélope, qui se font tous démonter la tête – le mal qu’on y fait aux femmes est toujours vengé, hélas rarement par elles (du progrès à faire de ce côté là, heureusement qu’il y a Anne Hathaway). »

        Pas tous justement, où beaucoup finissent par s’incliner devant une scène de virilité plus imposante. La vengeance est forcément démonstration de force violence et brute, typiquement masculine. L’homme alpha réclamant son dû est, au final, le plus patriarcal et masculiniste du lot.
        En effet, ce n’était, n’est pas et ne sera jamais à l’Homme de venger la Femme. Cette vision est la plus misogyne et conservatrice de toutes.

        « la peur de la perte du foyer (famille et Monde) »

        C’est littéralement la définition d’une vision réactionnaire, traditionnelle et conservatrice. Littéralement.
        Je veux bien me répéter, mais à un moment il faudrait faire l’effort de lire (et de comprendre)…

        • @LMO

          SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS

          Dans le film (je ne parlerai pas de l’oeuvre originale car je ne la connais que très peu), Odysseus ne venge pas sa femme. Il incarne la vengeance de Zeus sur les Hommes qui ont enfreint ses lois. Sur ce point au moins, tu lui fais (à Nolan) un faux procès.

          Concernant la complexité que tu juges factice, je ne suis pas d’accord. Elle a souvent pour but de créer l’immersion en faisant vivre au spectateur les événements du point de vue du ou des personnages.
          Ici, Odysseus est perdu et ne sait pas où il va ni pourquoi il avance et c’est exactement le sentiment que le morcellement de l’intrigue a créé chez moi. Et vers la fin du film, les pièces s’assemblent pour le spectateur au moment où Odysseus réalise enfin.
          Dans Memento, raconter les événements dans le sens inverse met le spectateur dans la peau du protagoniste : à chaque nouvelle scène, il se réveille, il ne sait pas comment il est arrivé ici mais il sait où il va aller ensuite grâce aux mémos.
          On aime ou pas, mais ça a un réel intérêt scénaristique.

          Je suis également pas d’accord pour qualifier TDK de facsiste, et ce pour deux raisons :
          1. Le système de sécurité ultra invasif que Batman met en place est un dernier recours contre un terroriste ultra dangereux, et non un révolutionnaire désirant changer le système dans l’intérêt du peuple
          2. La neutralisation du-dit système est prévu lors de la conception même de celui-ci, ce qui montre bien que Nolan estime que cette surveillance totale n’est absolument pas quelque chose de souhaitable.

        • Et à un moment donné, il faudrait peut-être vraiment regarder tous ses films, et en entier :
          Au début de sa carrière, ses protagonistes principaux y suivent le même schéma « Polar », finissant manipulés et punis à cause d’une erreur morale initiale, qu’elle soit accidentelle ou non.
          On le voit dans « Following », « Memento », « Insomnia », « Le Prestige » (doublement)…

          Il commence à leur mettre ensuite du plomb dans la tête, Batman restant fidèle à l’idée d’un être iconique puissant et nécessaire à une ville particulière, dont il est le vaccin malgré une maladie tenace. Il n’est au service de aucun État, et n’est pas là pour garantir le même statu-quo des riches privilégiés au détriment des pauvres (il possède même des fondations caritatives), mais plutôt pour empêcher sa ville de plonger dans des niveaux de corruption et de folies furieuse si extrêmes que la seule issue, c’est sa destruction totale – c’est dans les comics, plains-toi d’eux.
          Le dispositif de surveillance, c’est une idée qui est aussi introduite par un discours sur Jules César, qui a trahi sa promesse d’être dictateur pour un temps limité, et a décidé de le garder à vie (Batman lui ne mettra que quelques heures).
          Malheureusement quand, usé, il arrête d’être Batman et redevient juste Bruce Wayne, il laisse ainsi passer la Loi Dent qui part dans des dérives fascisantes, mais à aucun moment on ne la montre comme un mal nécessaire, et Bane va même la renvoyer en pleine gueule de la ville, en faisant même croire qu’il est du côté du peuple (comme dans « Joker », c’est du bidon, son but reste toujours orgueilleux, et destructeur sans discrimination)…

          Mais Batman ne s’applique qu’à Gotham, pas à notre monde réel.
          Pas plus que Cobb avec son monde dystopique où les rêves peuvent être explorés, avec ses cambrioles oniriques (et dont Cobb est lui-même l’élément mettant en danger la mission, jusqu’à ce qu’il se pardonne – a priori).
          Quant à Coop, peut-être parce que Spielberg était avant ça sur le projet, il reste un aventurier perpétuel, guidé par l’affection et torturé par ce qu’il a dû abandonner, comme tous ceux en mission dangereuse. Ça sent moyennement le macho ça…
          Les soldats à Dunkerque sont juste des humains pétés de trouille, désabusés jusqu’à la fin et accidentellement capables du pire par rapport aux simples civils qui leur viennent au secours (seul l’aviateur Tom Hardy est une continuation de Coop, en plus unidimensionnel).
          À partir de là, on ne peut pas faire moins conservateur que la série de films qui s’enchaînent, étant farouchement anti-guerre, que ce soit en combattant des réactionnaires métaphoriques dans « Tenet » – avec un protagoniste dont la couleur de peau n’est jamais un sujet, et une femme violentée qui veut se libérer…
          Ou bien avec Cillian Murphy dans une variation plus douce de son Thomas Shelby de « Peaky Blinders » – toxique pour ses femmes, créant un engin lui-même toxique pour le Monde, et qui finit par ne pas en être fier du tout…
          Et enfin Ulysse qui… est roi, c’est contextuel. D’où les mecs à genoux, obligés de reconnaître son statut et d’être punis pour avoir violé la Loi de Zeus (dieu tout puissant, mais qui sert de prétexte pour faire preuve de compassion envers les nécessiteux), comme Ulysse lui-même l’a été pendant son exil…
          Avant qu’il n’abdique, ici au profit d’un Télémaque à la masculinité plus sensible, pour ensuite prendre sa retraite (changement radical du récit, mais Nolan a puisé dans une réécriture sous un point de vue féminin).

          Bien entendu les conservateurs n’ont pas le monopole de la cellule familiale classique « papa, puis maman etc »… mais les pères/figures paternelles chez Nolan restent des types perdant peu à peu de leur pouvoir écrasant, qui assument et payent pour leurs conneries…
          Alors que les gens qui se comportent comme de bons gros droitards… ceux-là désignent toujours d’autres personnes comme responsables de leurs actions, se cherchent des excuses et n’assument jamais rien.
          C’est factuel.
          Donc désolé, Nolan faf, ça ne tient pas avec ce réalisateur… qui est juste étrangement peu perméable à la psyché féminine, qu’il a toujours divisé entre danger et innocence (encore un reste des polars et autres films noirs), ce qui n’est pas un crime – c’est à se demander comment il fait avec sa propre femme ?
          Et qui, comme tous les auteurs, se focalise sur ce qui l’intéresse le plus dans le travail de narration et de mise en scène, en devant pour ça délaisser tout le reste. Ce qui est tout à fait autorisé, surtout quand il en fait quelque-chose de réflexif, qui n’aurait pas la même force si tous ses départements artistiques étaient au même niveau, et souscrivaient aux mêmes normes de blockbusters… qu’il ne critique pas d’ailleurs.
          C’est juste que lui veut continuer à raconter des histoires à sa manière, mais ne s’entend pas pousser toute l’industrie à reproduire sa façon particulière de faire des films (à part Denis Villeneuve, il n’a même pas d’émules)…
          Le contraire des ultra conservateurs : eux ne proposent pas. Non, ils veulent imposer de force, à tous ceux dans leur giron.

    • @LMO
      Wouah je crois que j’ai jamais vu quelqu’un le détester autant que toi ! ^^

      Tes propos m’ont fait réfléchir en tout cas, et ta vision des choses est intéressante. Je pense que tu mets le doigt sur quelque chose de concret concernant sa vision des femmes, effectivement. Mais je suis en désaccord sur certains points et je vais expliquer pourquoi.

      « La blague finale est je pense bien sûr le fait que le film est actuellement hyper malmené par les racistes et transphobes aveuglés par leur haine… Alors qu’ils sont bien les premiers à être les soldats de l’idéologie réactionnaire, patriarcale, et fasciste.  »

      Justement, parlons-en de ça : quel genre de réactionnaire fasciste choisirait un homme trans pour jouer l’un des personnages clés dans un de ses films, et une femme noire pour jouer Hélène de Troie ? Sur ces points-là au moins, on pourrait presque le qualifier de progressiste. C’est en tout cas comme ça que le jugent les vrais réactionnaires qui pleurent du sang depuis que les news de ce casting sont tombées xD

      « Alors oui le film marchera (preuve que les idées réactionnaires ont encore de beaux jours devant elles, où les gens consomment sans se poser plus de questions) »

      J’ai expliqué pourquoi j’estime que le qualifier de réactionnaire aussi catégoriquement est selon moi une erreur, mais ça me semble important de préciser une chose pour que tu saches d’où je parle : je suis probablement l’un des plus grands fans du cinéma de Nolan sur ce site (les deux seuls de ses films que je n’ai pas aimés sont Oppenheimer et L’Odyssée, mais je les considère malgré tout comme de très grands films, parmi les meilleurs de sa filmo. Tout le reste c’est du kiff absolu pour moi), et il se trouve que mes opinions politiques sont TRES à gauche (comprends par là qu’à mes yeux, LFI représente une gauche un peu molle 😉). Et donc quand je vois un film comme TDKR par exemple, évidemment que sa vision idéalisée de la police me fait sourire. Evidemment que je trouve le traitement de ses personnages féminins rétrograde. Mais ça m’empêche pas d’apprécier ces films pour leurs qualités cinématographiques. Tout ça pour dire que je ne vois pas de lien entre l’adhérence aux idées de Nolan et la réception du public. Les gens aiment ses films parce qu’ils sont pour la plupart excellents. Je crois pas une seule seconde que sa vision de la femme soit un facteur d’appréciation du grand public.

      « Nolent est au mieux une farce, au pire un dangereux fasciste qui met en danger l’innovation et la création artistique et engagé au Cinéma. Et que sous couvert de sa bonne culture et ses bonnes manières, ce n’est PAS un auteur. »

      Alors là je t’avoue que je ne vois pas le rapport. Tu peux pas lui retirer le statut d’auteur juste sous prétexte que ses opinions politiques et morales divergent des tiennes. Le fait est qu’on retrouve dans son cinéma des thématiques et une patte scénarisitque qui lui sont propres. Ca suffit à faire de lui un auteur en fait. Le reste, c’est un autre débat.

      D’ailleurs concernant le danger qu’il représenterait pour l’art et l’innovation au cinéma, rappelons quand même qu’il fait partie de ceux qui se dressent ouvertement pour la préservation des… cinémas (!!!) contre les dangers que représente la montée en puissance des plateformes de streaming pour les salles obscures. Il a également soutenu la SAG-AFTRA et la lutte contre les abus liés à l’IA, qui ELLE représente un réel danger pour l’art.
      Alors oui, il a clairement un penchant pour le cinéma « à l’ancienne », mais je l’ai jamais entendu ne serait-ce qu’insinuer que tout le monde devrait faire comme lui. Du numérique il en utilise. Des CGI aussi. Alors le présenter comme un danger à l’innovation dans le cinéma me semble vraimenthors de propos.

      Bref, ça faisait un bail qu’un commentaire ne m’avait pas donné envie de prendre le temps d’argumenter comme ça. Merci à toi 🙂

  21. L’Odyssée vient de réaliser le meilleur démarrage de l’année en France, mais aussi le meilleur démarrage de la carrière de Christopher Nolan, devant The Dark Knight Rises, qui bénéficiait pourtant de l’immense succès de The Dark Knight et d’Inception… Énorme.

    Et ce n’est pas tout : en seulement une semaine d’exploitation en France, le film a déjà fait mieux que chacun des films de super-héros sortis en 2025 sur l’ensemble de leur carrière en salles.

  22. https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Matt-Damon-a-ete-double-par-une-femme-dans-cette-scene-spectaculaire-de-LOdyssee

    C’est cool, mais ça aurait encore mieux si les Lestrygons n’avaient pas été aussi uniformes…

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