Au début de l’épisode : ce serait triste de voir une Rita amnésique se perdre dans les couloirs du temps… A la fin de l’épisode : et si Rita était faite pour vivre dans le passé, elle qui n’a jamais trouvé sa place dans le présent ? Superbe introspection en amnésiland que ce ‘1917 Patrol’. Quelle série super-héroïque peut aujourd’hui se targuer de mélanger poésie, humour, absurde et émotions (avec une dose de Lady Gaga) ? Aucune, à l’exception de Doom Patrol ! Du coup, on se demande comment la Sisterhood of Dada est passée du côté obscur de la farce. Peut-être une confrontation trop violente avec le monde du dehors ? Alors que nous entamons la seconde partie de la saison, il semblerait que le fil rouge soit le suivant : chaque personnage est sur le point de perdre une partie de lui-même… et il se pourrait que ce soit pour le mieux ?
Doom Patrol – Saison 3 – Episode 6 – ‘1917 Patrol’ : Plongée dans le temps, Rita tente de naviguer au sein du Bureau of Normalcy avec l’aide d’un groupe étrangement familier. Pendant ce temps, Jane donne à Kay son premier goût de liberté, tandis que Larry clôt un chapitre avec son fils.
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Doom Patrol – Saison 3 – Episode 7 – ‘Bird Patrol’ : Vic demande de l’aide à un vieil ami pour un changement majeur dans sa vie, Cliff pousse ses habitudes en ligne trop loin et Jane se bat contre les « autres » pour Kay. Sentant un danger imminent, Madame Rouge tente de rallier le groupe très distrait.
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La série Doom Patrol est diffusée chaque jeudi sur la plateforme HBO, avec Timothy Dalton (Dr Niles Caulder/The Chief), Brendan Fraser (Cliff Steele/Robotman), Matt Bomer (Larry Trainor/Negative Man), April Bowlby (Rita Farr/Elasti-Woman), Diane Guerrero (Crazy Jane) et Joivan Wade (Victor Stone/Cyborg).






Doom Patrol est une série DC qui peut être magique même lorsqu’elle n’a pas de scène d’action.
C’était pas mal de nous montrer d’abord la Sisterhood of Dada d’aujourd’hui, inquiétante et dérangeante, avant de nous montrer ce qu’elle était à l’origine. Ca la rend encore plus déroutante, car maintenant, la Sisterhood of Dada est attachante, alors qu’on sait qu’elle va devenir menaçante.
J’ai vu un article qui mettait le doigt sur un point de cette épisode: on découvre la Sisterhood of Dada en tant que groupe mais pas vraiment en tant qu’individus (hormis l’homme au coeur-canari et un peu Laura De Mille), alors que la Doom Patrol n’a que des scènes séparées des autres.
On est clairement sur un schéma de recherche d’identité, et il semblerait que, comme LTH l’a dit, pour pouvoir continuer leur chemin, les membres de la Doom Patrol vont devoir renoncer à une partie d’eux-mêmes. Ou pour utiliser la phrase anglophone la plus utilisée pour ce cas : « They’ll have to Let Go ».
Jane a l’air d’avoir énormément changé. Elle existe initialement pour gérer les alter qui montent, mais mais tous les alters semblent contre elle. Je maintiens ma théorie, les alters ont peur de disparaître si Kay s’en sort bien à la surface parce qu’elles deviendront inutiles pour Kay. Jane le sait, et elle sait que c’est pour le bien de Kay, mais les autres alters ne sont pas prêtes à renoncer à leur existence.
Cliff est dans une situation étrange, très antisocial-no-life. On comprend que Vic vienne voir Cliff en priorité pour parler – d’une homme-robot à un autre – mais Cliff est toujours aussi con.
J’ai éclaté de rire avec le passage de Poker Face. Y a quand même des similitudes entre le délire artistique de la Sisterhood of Dada et l’univers visuel de Lady Gaga.
Je suis peut-être long à la détente, mais je me demande si, depuis le début, Doom Patrol n’est pas une histoire de personnes qui recherchent à savoir qui elles sont, et pour ce faire, s’émancipent de la société (par leur isolation au manoir), se confronte à leur regard sur eux-mêmes (au-delà de leur difformité), au regard des autres (par le Bureau de la Normalité), en s’émancipant des normes (toujours face au bureau de la Normalité, et dans la forme, par l’aspect what-the-fuck de la série et sa vulgarité assumée), en ignorant les attentes et le jugement des autres (Larry et son fils). Comme si Doom Patrol racontait que, pour savoir qui on est, il faut regarder au-delà des apparences, au-delà de nos tragédies personnelles, des normes, de la société, et se confronter sur ce qui continue d’exister une fois que toutes ces étapes sont franchies. Pour au final, devoir se séparer de ce qui nous retient encore, et répondre à cette put*** de question :
« Why are you ? »
En tout cas, cet épisode avait quelque chose de particulièrement poétique. Toujours What-the-fuck, certes, mais poétique quand même.
Et puis bon. « Piffle Paffle, ca-caw Je m’en fous ».
PS: La seule phrase en français en VO dans cette saison, c’était d’abord « Je m’en fous » par Monsieur Mallah, et ce « Je m’en fous » se répète dans le leitmotiv de la Sisterhood of Dada. Je ne sais pas si il y a un lien entre les deux ou si les scénaristes aiment juste cette phrase, mais ça m’a fait tilter.
Hop le voyage temporel, et tiens Mr Peabody et Sherman ? Et la pauvre Isabel Feathers ! Et une IA qui fait la narration – merci, on comprend que Rita va elle aussi perdre la mémoire… cette machine est à l’image des super-pouvoirs dans cette série : y a toujours des effets secondaires pourris.
Mais la boucle commence à se boucler avec un certain talent, entre le Cerveau et Mallah en embuscade, l’intégration au Bureau de la Normalité, la prise de contact avec la vraie Laura De Mille, Enfin la maîtrise de ses pouvoirs élastiques (suffisait de laisser faire l’instinct, surtout en n’ayant plus de complexes et de remords), la mention de Niles (encore au Yukon à cette époque ?), la découverte d’une Sororité qui ne sont que des subalternes méprisés – malgré qu’il y ait de la diversité chez les employés non métahumains – et leur communauté zinzin tellement attachante…
Avec encore plus de verbiage sans queue ni tête, prononcé juste parce que la son(r)orité est rigolote, un peu de Alice au pays des merveilles évidemment (l’apparition de Malcolm, à la Chat de Cheshire), de drôles d’anachronismes (Lady Gaga n’est pas réservée qu’à la team Flash) et une mini révolution à la Fourmilière…
Dont on se doute qu’elle finira mal : bien sûr Rita/Bendy ne pouvait pas repartir, il semble qu’elle n’a pas encore participé au film muet où Laura de transforme en oiseau (elle ne le sait pas, mais nous oui)…
Et bien sûr que, puisque la Sororité est elle aussi immortelle, mais que Malcolm n’est a priori plus là en 2021 (la raison pour laquelle ils sont devenus dangereux à enfermer ?), la romance qui se crée entre Rita et lui est vouée à l’échec, voire même au drame – encore une fois. Décidément cette femme est étrangement asexuée, alors qu’elle est si belle…
Pendant ce temps (toujours ces saynètes individuelles ), on enfonce le clou avec Cliff, traître malgré lui car acheteur compulsif – si Niles avait interdit Internet au Manoir, on comprend pourquoi…
Larry et son fils dans une discussion ouverte où il n’a néanmoins rien à se reprocher, il n’a pas choisi d’être éloigné de sa famille puisque il était séquestré et radioactif…
L’escapade de Kay à l’air libre, qui se passe hyper bien, même si elle emprunte un vélo sans permission – du coup son esprit le ramène dans l’Underground, et on est très content pour elle. Les autres alter-ego, moins. Normal, surprotectrices et pas prêtes à être mises au rencard. Ça sent le nouveau putsch…
Vic est prêt pour sa transition full organique, de quoi l’isoler de toutes informations invasives, mais n’est-ce pas dangereux si ses amis ont besoin d’aide ? Grid peut-il accepter d’être coupé de lui ? Et Roni alors, il ne sera plus tenté de la traquer ni de l’aider… mais pour autant, il ne pourra toujours pas avoir d’histoire avec elle, si elle devait rester une Cyborg et une criminelle.
Et la Sororité du Présent, prête à venir chercher Laura ?
Bref, le meilleur épisode de cette saison, très touchant au milieu de toute ce capharnaüm.