Inception : Avis, critique, commentaires sur le film !

7
Afin de ne pas rendre l’attente insupportable jusqu’à mercredi (attente pour moi aussi, qui ne pense qu’à revoir le film !), je ne poste que maintenant mon avis sur le film Inception, de Christopher Nolan, que j’ai pu voir au Grand Rex, en grand large, en VOST, vendredi dernier. Autant commencer fort, avec cette question :

Inception est-il un chef d’œuvre ?

Non. Pour l’instant non. Mais tout peut encore changer…

Dire que ce n’est pas un chef d’œuvre ne signifie pas que le film est mauvais, loin de là. Il faudrait vraiment être aveugle, et n’avoir jamais rêvé de sa vie pour ne pas aimer le film de A à Z. Mon avis, pour l’instant, qui reste à chaud, en attendant une seconde vision, est mitigé (un bon 14/15 sur 20 pour le moment). Inception est bon, très bon sur certains points, mais loin d’être exceptionnelle. The Dark Knight et Le Prestige resent pour moi devant. Il marquera l’année, et c’est légitime vu le choix proposé. Quant à meilleur film de l’année ?…
Commençons par les points positifs, qui sont nombreux. Christopher Nolan cultive son idée d’extraction et d’Inception de rêves depuis des années, et le résultat est là. C’est une idée brillante, un vecteur d’histoires (et j’insiste sur ce mot) formidable. Cette idée est utilisée en profondeur, elle est solide, avec des règles, des interdits, des commandements. On voit totalement que tout le « système » a longuement été pensé, et il quasiment impératif de revoir le film une deuxième fois, pour en comprendre les moindres détails.
Mais si le monde des rêves, le vecteur, est d’une complexité réjouissante (de la même façon que la Matrice en son temps était une découverte), l’histoire, elle, est plus pauvre. Je veux distinguer deux choses, je ne dis pas qu’Inception est un film pauvre au niveau du scénario (si Nolan ne gagne pas son Oscar, c’est à désespérer), mais c’est l’histoire qui se déroule au milieu de l’Inception (de ce concept passionnant), qui est moins enthousiasmante.

Le film suit le déroulement classique d’un film de braquage : la mission, la constitution de l’équipe, l’échafaudage du plan, le casse (mais quel casse !), etc… C’est très classique et très convenu. Le problème étant que lors de l’exposé du « plan », tout est déjà annoncé ou presque. L’exécution est certes brillante, mais un peu sans surprises… J’ai trouvé l’intrigue « familiale » autour du personnage de DiCaprio forte, mais au final vite expédiée, alors que justement, c’était elle qui exploitait au maximum les possibilités fantastiques du postulat de départ.
Justement parlons des acteurs, tous impériaux. Une fine équipe, avec beaucoup d’entre eux qui n’ont plus rien à prouver. Leonardo DiCaprio est toujours aussi excellent, il communique parfaitement sur le monde où il est le maître, tant aux personnages qui l’accompagnent, qu’aux spectateurs, et c’est en partie sur sa performance que l’édifice repose. Mais lors des Oscars, une statuette pour Shutter Island serait plus logique, tout simplement à cause de l’importance de son rôle et de son intensité. Il ya de belles confirmations qui éclateront auprès du grand public (Joseph Gordon Levitt, Ellen Page). Notre Marion Cotillard nationale, obtient le personnage le plus mystérieux et casse-gueule du film et s’en tire avec les honneurs (bravo à elle, vraiment, car ce n’était pas gagné !). Et une petite découverte, Tom Hardy, sur qui repose les petites pauses humoristiques.

Niveau réalisation, un seul point noir, les scènes d’action/de fusillades, nombreuses. Filmées la caméra collée à l’action, sans recul (en particulier une scène urbaine de poursuite/fusillade). Difficile de lire l’action, surtout quand à un moment, tous les personnages se ressemblent. Soit beaucoup de pan ! pan ! pour rien, avec pour problème une question d’enjeux, qui s’explique par les règles du monde des rêves, mais qui dessert la dramaturgie du film (impossible d’en dire plus sans spoilers).

Avec The Dark Knight, Christopher Nolan s’appropriait totalement le genre super héroïque, et transcendait, grâce à son talent et ses acteurs, un simple film « Batman », pour le faire entrer dans une catégorie plus large, celle des GRANDS FILMS, un drame sur un homme, sur une ville, etc… Dans Inception, le postulat de départ est génial, mais l’histoire ne va pas vraiment plus loin que celle d’un braquage à l’envers. Une fois la mission achevée, le film semble s’achever lui aussi. Peu de place aux doutes comme dans les films à clefs.

L’intrigue n’est pas si compliquée à suivre. Le plan est expliqué, il se déroule, nous avons droit à de nombreux flashback pour appuyer sur les différents moments-clefs. Certains spectateurs seront peut-être déstabilisés par la superposition de lignes temporelles, un peu comme dans Lost. Mais Inception est une fiction exigeante : il faut juste s’accrocher et ne pas perdre une miette des explications. Après, une deuxième séance sera au moins nécessaire, ne serait-ce que pour comprendre toutes les subtilités de l’art de l’extraction/l’Inception.

Un mot sur la musique, Hans Zimmer est toujours aussi génial quand il travaille avec Nolan ! Sa partition est moins audible que dans The Dark Knight, mais l’écoute en boucle du score ne sera pas de refus ! Il faut dire que l’oreille est déjà toute consacrée aux dialogues qu’ils faut suivre, la musique passe donc, parfois, en second plan. Mais impossible de se sortir les notes du morceau Time de la tête !

Il manque cependant une scène qui émotionnellement emporte tout. Pour expliquer mon idée, un exemple récent, celui de Toy Story 3. Une grande partie du film se déroule comme un film de d’évasion. Jusqu’à là, c’est sympathique, mais il manque un petit plus, qui est justement apporté dans la dernière demi-heure, qui est un tourbillon d’émotions. Cela transcende complètement le film.

Mais Inception garde une botte secrète : son analyse… Car une fois le film terminé, Inception n’en a pas fini avec nous ! Discussions, théories, débats, visionnages multiples, Inception va être un terreau formidable pour l’analyse… Car au final, si on laisse Inception derrière soi tout de suite après la séance, on se prive de toutes les subtilités à découvrir au fil des recherches… C’est pourquoi je ne prétends pas cerner encore complètement le film, de nouveaux détails sont décryptés chaque jours sur le net, ce qui le rend encore plus passionant. Le film est une base pour la réflexion, et la plus belle des Inception, c’est Nolan qui l’opère sur le spectateur, en y insérant une idée, dans son esprit, idée qui restera avec lui et le poussera à se poser des questions… Une fois que tous les morceaux du puzzle seront recollés, sans doute que le film montera encore d’une étoile !

Pour lire mon analyse sur le film et sa fin (100% spoilers), c’est par ICI !

7 COMMENTAIRES

  1. >c'est vrai que dans le film on nous explique pas pourquoi ils font ça pourquoi toutes les personnes qu'il engage font ça et pourquoi di caprio ne demande il pas à ses enfants de partir des etats unis et venir avec lui. tout cela reste sans réponse.je trouve que la forme du film est grandiose les acteurs les effets spéciaux la musique et bien sur linception c'est tout simplement l'histoire qui est bancale et banale et qui nous met un peu à coté du film.nolan a voulou faire un film d'auteur et un blockbuster en un seul film , et pour moi je trouve que la mayonnaise n'a pas pris.mais le film est un très bon film , on passe un excellent moment grâce à la virtuosité du réalisateur mais pas un chef d'oeuvre.

  2. Tout et son contraire a déjà été dit sur Inception (virtuosité de la mise en scène contre scénario roublard et alambiqué), il convient ici de revenir sur les thématiques abordées sur tout le film. D’abord au niveau des références Chris Nolan continue à montrer son amour des Bond movies à travers son esthétique smart, ses gadgets et autres femmes fatales. Toujours aussi ses obsessions pour la duperie, le mensonge et la mise en abîme de l’intrigue. Sans compter ses séquences en montagne, rituelles depuis Insomnia, et ses acteurs des 80’s qu’il aime bien ressortir du placard (Rutger Hauer, Eric Roberts et ici Tom Berenger).

    Le plus intéressant dans ce film n’est pas ce qu’il raconte mais la manière dont il s’y prend pour nous montrer de manière originale un film de casse et sa préparation. On le sait, ce genre de film a un gros potentiel immersif dans le sens où un braquage (même si c’est là plutôt une extraction) repose sur une totale mise en scène par les protagonistes de leur personnages et/ou des décors. Exemple qui peut se décliner aussi bien dans les films de Jules Dassin et les Ocean’s autant que dans la série tv Mission Impossible (l’idée de rentrer et de sortir d’une pièce sans avoir été repéré).
    On peut donc y parler de film dans le film sauf qu’à cela s’ajoute la « science des rêves » qui offre un autre palier, plus onirique, à l’histoire et à la réalisation. Même si ici les personnages sont totalement conscients d’évoluer dans une fausse réalité – contrairement à Matrix, ils ne peuvent pas y mourir – mais restent menacés dans leur mission par leur subconscient (voir les « cousins récents » Shutter Island et Sucker Punch).

    Disons que le plus déconcertant n’est pas que, à l’instar de Memento, le film commence par la fin, mais surtout que ça y soit le cas de L’HISTOIRE, racontant une réalité parallèle (tout ici a l’air contemporain) comme peut aussi l’être Gotham, où le rêve est capable d’être « domestiqué » depuis des années. Au point que s’il y avait des suites, elles pourraient même probablement se dérouler à rebours des évènements décrits.

    Je finirais cette petite analyse (aujourd’hui mise à jour) en pointant certaines particularités chez les acteurs, voulues ou non par Nolan, qui continuent d’entretenir cette impression de « rêve éveillé » à la vision d’Inception:
    -DiCaprio, toujours obsédé par son mariage après les Noces Rebelles et Shutter Island;
    -Ellen Page/Ariane jouant avec Dilep Rao, qui aurait dû être son partenaire dans Jusqu’en Enfer (descente dans les Limbes ?)si elle ne s’était pas désistée;
    -Marion Cotillard (jadis ma favorite pour Catwoman) « côtoyant » à nouveau Piaf;
    -Joseph Gordon Levitt dont le visage sembla avec la maturité se métamorphoser en celui de…Heath Ledger.

LAISSER UN COMMENTAIRE