The Dark Knight Rises : La Critique du film + VOTRE AVIS !

2005 : la Promesse. Christopher Nolan réanime Bruce Wayne et sa mythologie dans Batman Begins.
2008 : le Tour. Christopher Nolan transcende le genre avec The Dark Knight, fédérant grand public et critiques.
2012 : le Prestige. Christopher Nolan dévoile The Dark Knight Rises, sans doute la partie la plus importante de sa trilogie, celle qui donne tout son sens à l’aventure du « Batman »…

Alors que les premières critiques françaises de The Dark Knight Rises commencent à tomber, tout semble se cristalliser autour de cette seule et unique question : « The Dark Knight Rises est-il oui ou non meilleur que The Dark Knight ? » Jetons nous joyeusement dans la mêlée et « Let the game begin ! » comme dirait Bane. Je vais d’ailleurs répondre immédiatement à cette envahissante interrogation. Roulements de tambours… je m’en fiche. Car au fond, la réponse dépendra surtout de ce que chacun recherche en regardant un film Batman. Rassurez-vous, si les avis sur The Dark Knight Rises sont divisés, ce n’est pas parce que le film n’est pas aussi bon que The Dark Knight, mais seulement parce qu’il est différent. On pourrait résumer la chose ainsi : TDKR n’est pas un TDK2… fort heureusement !

Si j’ai préféré The Dark Knight Rises, qui est pour moi le meilleur épisode de la trilogie, c’est justement à cause de ses différences. Débarrassé du Joker, Bruce Wayne et son alter ego masqué peuvent enfin exister. Christopher Nolan livre un film sur Batman, et non sur sa galerie de fous et de vilains - au demeurant très riche – comme c’était le cas précédemment. Bane est assurément un méchant moins charismatique que le Joker. Ce n’est pas une révélation. Mais mieux qu’un Joker charismatique, Nolan apporte dans cet ultime opus un Batman charismatique. A cet égard, Christian Bale livre sa prestation la plus complète et la plus exigeante. Bruce est bousculé dans toutes les fibres de son corps et de son âme, du début à la fin, imposant un engagement total pour son interprète.

Vous l’aurez peut-être déjà compris, The Dark Knight Rises est l’épisode le plus héroïque de la trilogie. Ce qui a tout pour (me) plaire. Sans cesse, Nolan semble vouloir rejeter l’héritage « comics » de Batman : le mot n’est d’ailleurs pas cité une seule fois dans les notes du production du film (le dossier de presse) ! Le réalisateur confirme, lorsqu’il évoque Catwoman : « Selina est une cambrioleuse agile comme un félin, une reine de l’arnaque et une figure classique de la femme fatale. Ceci était le point de départ, et nous y avons greffé l’image emblématique de Catwoman après coup. » Idem quand son frère scénariste préfère citer Charles Dickens (Le conte de deux cités) comme source d’inspiration plutôt que les comics Knightfall et No Man’s Land. Mais seul compte le résultat à l’écran : le thriller a laissé place à un film d’action super-héroïque, plus flamboyant et efficace qu’aucun autre Batman auparavant.

Les maigres défauts de The Dark Knight - et du cinéaste en général – sont ainsi corrigés. Christopher Nolan a souvent été critiqué pour ses scènes d’action. Dans The Dark Knight Rises, il propose un équilibre parfait entre batailles rangées lisibles, combats prenants et dramaturgie toujours aussi bien maîtrisée. Un équilibre digne de la conclusion épique souhaitée et attendue. Le film dure 2 heures 44 minutes, mais impossible de ne pas être captivé de bout en bout ! Surtout, les personnages ouvrent enfin leur cœur… Une certaine froideur émanait de The Dark Knight et d‘Inception. Ici, l’émotion vous prend aux tripes (formidable Michael Caine) avec la pensée continue que tout peut arriver. Comme annoncé, le final est… Une fin parfaite, à pleurer tellement c’est beau. Littéralement parlant.

La malédiction du troisième épisode est donc une fois de plus levée. Et il faut attendre The Dark Knight Rises pour comprendre à quel point la trilogie The Dark Knight forme un tout cohérent, avec notamment des renvois incessants au passé (n’oubliez pas de réviser avant de voir le film !)… Les nouvelles têtes sont cependant nombreuses. Première attraction, Selina Kyle (mini-spoiler : Je ne dis pas Catwoman à dessein… Vous avez peut-être compris pourquoi : son nom d’héroïne n’est malheureusement jamais cité. Encore et toujours ce refus de l’héritage comics…). Anne Hathaway compose une voleuse toute en retenue, gracieuse et mortelle, qui susurre ses répliques d’une manière délicieuse (son « Don’t be shy » dans la dernière bande annonce a été une révélation).

Abordons le cas de Bane… Avec pour commencer un petit détour par « l’affaire » de sa voix. Quand vous l’entendrez pour la première fois, vous aurez peut-être un choc car il est maintenant… beaucoup trop audible ! La post-production a fait son effet, et Bane semble désormais affublé d’un amplificateur vocal. Sa diction claire enlève une part du mystère au personnage. Passée cette surprise, Bane et son interprète impressionnent sur tous les plans. Physiquement d’abord, la carrure de Tom Hardy permet d’avoir en face un héros en extrême difficulté. Et niveau maléfice et intelligence, sa campagne contre Gotham à l’intérêt d’être « distrayante » à suivre, avec différents subterfuges, étapes, et rebondissements à la clef. Ma seule critique réelle portera cependant sur le traitement réservé au terroriste (attention spoiler) : sa fin est pitoyable. Un méchant de son envergure ne mérite pas le sort qui lui est réservé. Batman s’est préparé pendant tout le film pour le battre. En un sens, sa fin est forte symboliquement car Batman n’aura pas réussi à gagner contre lui. Mais finir comme ça… Décevant.

Difficile d’évoquer les seconds rôles inédits, à savoir Miranda Tate (Marion Cotillard) et John Blake (Joseph Gordon-Levitt), tant ils ont agrégé autour d’eux des rumeurs et des théories. Mais – et je parle de façon générale -, vous serez surpris, même en ayant suivi de près la production et la promotion du film. C’est justement l’une des grandes nouveautés de The Dark Knight Rises : ses twists, qui donnent envie de revoir immédiatement le film avec un œil neuf. Et si en plus l’action est jouissive, vous obtenez un long métrage à voir et à revoir tout l’été ! C’était déjà le cas pour The Dark Knight, mais disons que le plaisir de la vision multiple sera différent, plus évident car clairement motivé. L’autre plaisir coupable sera la bande originale d’Hans Zimmer. Le maître arrive peut-être un peu trop avec ses gros sabots lors de certaines scènes (je me demande si James Newton Howard n’apportait pas une certaine tempérance et légèreté sur Begins et TDK). Mais cela reste épique à souhait et j’ai hâte de pouvoir – enfin ! – écouter sa partition pour me rendre compte de sa richesse.

Deshi, deshi, basara, basara ! The Dark Knight Rises élève la trilogie The Dark Knight à un autre niveau de spectacle, tout en conservant la densité des précédents épisodes. Plus héroïque, plus iconique, l’ascension du Chevalier Noir se poursuit avec un ultime opus au dénouement parfait et puissant. Christopher Nolan s’en va définitivement, une page se tourne, mais pour Batman, l’aventure ne fait que commencer. C’est une légende, un symbole d’espoir, une idée, qui survivra bien au-delà de The Dark Knight Rises

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Prenez votre pied lorsque vous découvrirez le film pour la première fois, amusez-vous. Fermez vos écoutilles jusqu’à la sortie, car tout le monde ne semble pas avoir respecté les conseil de la Warner (« Afin de préserver la surprise de l’histoire aux spectateurs, nous vous demandons de ne pas en révéler les différents rebondissements. Merci. ») Soyez attentif lorsque vous postez, en signalant les spoilers. La baffe n’en sera que plus forte pour tout le monde le Jour-J. Et j’espère vraiment que vous serez nombreux sur le forum Batman ce jour-là, car il y aura matière à débattre…

The Dark Knight Rises sort le 25 juillet 2012, avec Christian Bale (Bruce Wayne/Batman), Morgan Freeman (Lucius Fox), Anne Hathaway (Selina Kyle/Catwoman), Gary Oldman (Jim Gordon), Tom Hardy (Bane), Joseph Gordon-Levitt (John Blake), Marion Cotillard (Miranda Tate), Michael Caine (Alfred) et Josh Pence (Ra’s al Ghul jeune).

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