Looper : La Critique du film – Vous ne perdrez pas votre temps !

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Il faut remonter loin dans le temps pour trouver un film comme Looper… Car au milieu des adaptations en tout genre (romans, comics, jouets et autres remakes), on ne peut pas dire qu’Hollywood ait le mot « originalité » à la bouche. Pour commencer, de quoi parlons-nous ? En 2074, le voyage dans le temps vient d’être inventé, avant d’être aussitôt interdit. Seule la Mafia l’utilise, pour envoyer dans le passé ses cibles, qui sont éliminées trente ans plus tôt par des « looper ». Un crime parfait. Le système est bien rôdé, jusqu’au jour où Joe (Joseph Gordon-Levitt) – looper de talent -, rate une exécution… celle de son futur-moi (Bruce Willis, champion des embrouilles temporelles depuis L’armée des 12 singes).

Rian Johnson est très fort, et on peut dire qu’il a du flair. Faire de Joseph Gordon-Levitt la tête d’affiche d’un blockbuster, il fallait le faire, d’autant plus que l’acteur n’avait pas encore mis les pieds dans la folie The Dark Knight Rises. Souvent méconnaissable grâce à une tonne de maquillage, – où est passé le gentil Tom de (500) jours ensemble ? -, Gordon-Levitt compose avec conviction une crapule mafieuse de bas étage. Il fait ainsi oublier son image de héros sympa, qui aurait pu lui coller à la peau à force de sourires et de bonhomie.

La présence de Bruce Willis ne l’écrase pas, Rian Johnson n’ayant pas sacrifié son scénario au profit de la star : Looper, c’est d’abord le point de vue de Joe-jeune. Willis a ses moments de gloire, et vous aurez même peut-être envie de crier Yippie-Kay-yee lors d’une certaine scène, mais son temps d’écran est finalement assez réduit. Une mimique, un sourire en coin suffira à réveiller les fans de cinéma. Quant à Emily Blunt, disons qu’elle assure le job, il n’y pas vraiment grand chose à ajouter.

Du début à la fin, c’est l’histoire et l’intelligence qui priment. Intelligence dans le monde de science-fiction qui sert de cadre au film. Une vision ultra-crédible des années 2040, avec ce qu’il faut d’éléments futuristes. C’est assez bluffant. Il sera intéressant de voir comment nous vivons dans trente ans, afin de comparer les images, mais tout – de l’architecture à la technologie, en passant par les rapports sociaux -, sonne vrai. Une variation subtile de notre monde, qui renforce l’impression que tout cela peut arriver demain ! Très malin.

L’attraction principale reste bien sûr le scénario… qui n’est pas exempt de défauts. Qu’on se rassure, ces quelques observations ne gâchent pas l’appréciation de l’ensemble. Abordons par exemple la question du rythme. Après un départ et un premier acte scotchant (on boit les paroles des personnages lorsqu’ils présentent les enjeux), le rythme s’essouffle légèrement passé la première heure, avant de repartir de plus belle pour le final. La faute peut-être aux interactions, ou plutôt au  manque d’interactions entre certains personnages…

Se pose aussi la question de la solidité de l’intrigue. Qui dit voyage dans le temps dit casse-tête probable à la sortie pour recoller les morceaux. Certains apprécient ce petit jeu, d’autres « consommeront » Looper pour ce qu’il est, un excellent film d’action et de science-fiction. Intéressons-nous aux premiers, qui ne classeront pas l’affaire tant que tout ne sera pas élucidé. En analysant la chose par tous les bouts possibles, le scénario me semble fragile à cause de ses trop nombreuses zones d’ombre (certains diront incohérences). L’analyse de l’histoire donnera lieu prochainement à un article et le débat qui s’ensuivra s’annonce passionnant. Rien de gênant sur le moment, il s’agit juste d’une réflexion conduite « après-film ».

Ce qui est certain, c’est que les lecteurs de comics seront en territoire connu (Avengers X-SanctionUncanny X-Force…), en essayant d’anticiper chaque mouvement de l’intrigue. Dieu merci, Rian Johnson évite l’écueil final dont sont trop souvent victime les voyageurs temporels. Je n’en dis pas plus. Looper s’avère passionnant du début à la fin, avec ce qu’il faut d’action, des comédiens étonnants (Pierce Gagnon, un enfant-acteur prometteur), une intrigue maligne (mais parfois victime de son sujet), et même un peu d’humour ! Dommage pour la musique, qui n’est pas marquante. Mais cela n’empêchera pas Looper de rejoindre les incontournables, rayon SF !

N’hésitez pas à débattre du film sur le forum. Et on se donne rendez-vous la semaine de la sortie pour une discussion 100% spoiler…

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Looper de Rian Johnson sort le 31 octobre 2012 avec Joseph Gordon-Levitt (Joe-jeune), Bruce Willis (Joe-vieux), Emily Blunt (Sara), Paul Dano (Seth), Piper Perabo (Suzie), Noah Segan (Kid Blue), Jeff Daniels (Abe) et Garret Dillahunt (Jesse).

23 COMMENTAIRES

  1. OMG

    Tu as juste dis TOUT ce que je voulais entendre du film, le meilleurs acteur du monde Bruce Willis avec le très talentueux Lewitt, il fallait pas que ça foire ! J’ai hâte de le voir, tout fan de science fiction que je suis j’en trépigne d’impatiente ! 😛

    Pour la musique… bah c’est le seul point ou je ne suis jamais d’accord avec toi, j’avais adoré celle de Xmen First Class et encore plus celle de TAS, alors je pense que j’adorerais aussi celle là xDDD

    Merci en tout cas, encore un très bonne critique ça donne envie ! 😛

    • C’est vrai que je n’ai jamais été d’accord avec Mr LTH sur les BO non plus… Surtout celle d’Avengers qui est juste magnifique quand on s’attelle à l’apprécier

  2. Il est déjà sorti depuis deux semaines en Amérique du Nord donc j’ai pu le voir et je dois dire que j’ai adoré!

    Je suis d’accord avec ta critique mais je ne me prend pas du tout la tête sur la question du temps et des boucles abordée dans le film (je crois qu’on sait tous les deux de quoi je parle). Je me suis fait une simple réflexion qui a répondu à toute mes interrogations.

    Globalement je l’ai trouvé maîtrisé, du point de vue de l’histoire et de la mise en scène, et osé aussi. On a juste vraiment pas l’habitude de voir ce genre de film au cinéma. ^^

    Quant à Joseph, méconnaissable et excellent mais ça on le savait déjà. 😀

  3. Ce film me faisait un peu peur (Bruce Willis inside) mais au lu de ta critique, eh ben ça me donne envie de le voir, histoire de me faire ma propre idée!
    J’aime bien les films qui font parler entre potes à la sortie…

    • Moi, c’est surtout Emily Blunt ici qui me « fait peur » . Vous savez, celle que tout le monde ou presque regrettait pour le rôle de la Veuve Noire (parce qu’elle était rousse dans Le Diable s’habille en Prada?). Et qu’elle n’a pas pu faire car elle était coincée sur le tournage des… Voyages de Guliver. Avec aussi l’Agence, Des Saumons dans le désert et le bide un peu injuste de Wolfman, elle est un peu « down ». 🙁
      Mais bon on s’en fout, le film est de plus en plus hype alors on verra.

  4. Je poste ce message sans avoir lu la critique ci dessus jusqu’a present car j’aimerais conservé le mystère pour ce film avant d’aller le voir au ciné.
    Pour ceux qui lon deja lu pouriez vous me dire si elle comporte bcp de spoiller?! Je ne veu pas prendre se risque…

    • chais pas en même temps sa dépend si c’est un film super serieux scientifiquement donc effectivement ridicule… Ou un prétexe via le thème du voyage dans le temps pour exprimer des idées un peu plus métaphorique, comme dans inception par exemple.

    • Dis-moi Louis, tu fais quoi sur un site comme LTH qui parle en grande partie de films qui sont totalement impossibles dans la réalité?
      Sinon Looper traite certes des voyages dans le temps, mais d’autres sujets sont abordés à travers cette toile de fond.

  5. Joe n’est pas Cid, car ils sont réunis tout les 2 à un instant t c impossible. C’est juste qu’à la fin Joe s’imagine que Cid sans mere aurait pris le meme chemin que lui et serait, avec toute cette rancoeur, devenu le maitre des pluits. Je pense que Cid ne deviendra pas le maitre des pluits car sa mere arrive à le tempérer, on le voit dans la scène finale ou la mere arrive à le calmer donc si elle reste à ses cotés qu’elle l’influance en bien, il n’ y aura pas de maitre de pluits.

  6. « Le dernier film que j’ai vu sur le voyage dans le temps, c’était Donnie Darko, et j’avais été marqué par ce film et les questions qu’il soulève. Looper se situe dans un autre genre, mais le sujet de base est le même : le temps et ses paradoxes.
    Certains y verront un énième film d’action essayant de se démarquer par un concept original mais mal exploité, et bien ils auront tort. »
    La suite sur http://isccinefeel.net/accueil/sorties-du-31-octobre/looper/

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